a écrit :Mic a dit : Mais tout ça n'est que contorsions intellectuelles fondées sur le fonctionnement de la cognition humaine qui se base sur l'oppositions des contraires. Le problème que tu soulignes vient du fait qu'on ne peut traiter intellectuellement l'être comme on traite l'existence des objets. Tu affirmes qu il y a contradiction entre le fait que l etre soit censé etre tout et qu'en même temps il ne se définit que par ce qui n'est pas lui, c'est à dire le néant. Mais, encore une fois c'est la cognition humaine qui ne peut s'empêcher de comparer l'être au néant alors qu ce dernier n'a aucune existence. La contradiction n'existe que dans l'esprit humain.
Ma définition est simple et claire: l'étre est le fait qu'il y a quelque chose. Tu peux le vérifier par toi-même à tout moment de ta vie. Tu es là, le Monde est là: il y a quelque chose. L'être est.
A partir du moment où on ne peut que penser l'être qu'en rapport au non être , en déduire que seul l'ETRE existerait que par son principe même , indépendamment de tout autre principe que lui devient un tour de passe passe sans logique convaincante .
Il te reste la foi d'y croire .
a écrit :Au contraire...
Quelque part, Dieu dit de lui-même : «Sans ce que je ne suis pas, ce que je suis n'est pas...»
Ce qui démontre que l'ETRE n'est pas le fondement ultime des choses .
Ca donne raison à Bouddha quand il dit " l'erreur c'est de croire en l'être ou au non être "dans le soutra du milieu (dont je mets ici en lien la traduction) .
https://plumvillage.org/fr/ressources/s ... -du-milieu
La dualité vient du fait de vouloir faire gagner l'etre ou le non etre , l'un contre l'autre , alors que l'un renvoit toujours à l'autre et que ni l'un ni l'autre n'existent absolument .
En réalisant que ces concepts ne sont que des étiquettes mentales ou des polarités relatives, la tension s'apaise : il n'y a plus de gagnant à désigner, ni de combat à mener.
Quelle implication sur la souffrance de cette constatation ( ni être ni non être )
Pour bouddha :la souffrance est parce qu'elle n'est pas , elle n'est pas parce quelle est .
Dès que l'on cherche à saisir la souffrance de manière ultime pour voir de quoi elle est faite, elle se dissout.
Elle se dissout parce que l'esprit ne trouve pas de fondement aux phénomènes .
Alors que dans la vision occidentale qui fait croire en l'être comme valeur absolue ça donne " la souffrance est parce qu'elle est" .
Dans ce cadre de pensée :La souffrance devient solide , très solide .
Lorsque la pensée occidentale accorde à l'Être la valeur d'une substance absolue et permanente, elle réifie (chosifie) la réalité.
-> Solidification du drame : Si ce qui existe possède un « être réel » et solide, alors la souffrance devient un objet concret, une entité en soi, incrustée dans le réel.
-> Cristallisation du « Moi » : Si l'individu possède une essence fixe (« Je »), alors ce « Je » devient un réceptacle solide pour une souffrance tout aussi solide. La formule devient : « Je suis quelqu'un d'intrinsèquement souffrant face à un monde intrinsèquement douloureux. »
-> Rapport de force et impasse : La seule réponse possible dans ce paradigme est le combat (éradiquer, détruire la souffrance, lutter contre le Non-Être). Mais comme la lutte renforce l'objet contre lequel on bat, la souffrance se densifie, devient pesante, omniprésente et quasi indépassable.