a écrit :J'minterroge a dit : Mais, je ne dis pas qu'il n'y a pas de corps, de sensations, de pensées, de présences singulières. Tout cela se présente. Mais l'« observateur » dont tu parles, en tant qu'entité distincte qui serait le témoin de tout cela, ne se présente pas. C'est un postulat que tu ajoutes, pas un constat.
L'idée d'indistinction est déjà une manière de distinguer JM.
C'est un contresens en logique .
Pour nommer "l'indistinction", tu dois la distinguer de la "distinction".
Le simple fait d'utiliser un mot crée une frontière, une catégorie, et donc une séparation.
C'est le paradoxe absolu de la non-dualité : dès qu'on en parle, on la détruit.
Tu parles trop JM , tu blablates .
Ton problème c'est que tu confonds le langage avec la réalité elle même .
Le bouddhisme rappelle souvent que les mots ne sont pas la réalité, mais des panneaux indicateurs. Si vous fixez le panneau "Indistinction", vous ratez ce qu'il indique. Le mot n'est là que pour forcer l'intellect à lâcher prise, pas pour définir une case logique.
Ta fixation sur l'idée de choses qui se présentent montre parfaitement que tu t'enfermes dans la distinction entre ce qui se présente et ce qui ne se présente pas . Parce que pour distinguer ce qui se présente , il faut penser ce qui ne se présente pas .
Autrement dit , si tu penses sans le dire simultanément à ce qui se présente et à ce qui se présente pas , c'est qu'en réalité tu ne penses à rien de particulier sans t'en rendre particulièrement compte .
En prétendant faire une distinction stricte (présent / pas présent), ton esprit est en fait obligé de maintenir les deux concepts actifs en même temps dans son arrière-plan mental pour que sa phrase ait un sens pour lui . En englobant simultanément le manifesté et le non-manifesté, ton esprit fait déjà l'expérience de cette globalité sans frontières (la superposition d'états particuliers , rien de particulier ne se passe et ne se présente )... mais il est trop occupé à intellectualiser pour s'en apercevoir.
De même , quand tu penses le recto de la pièce de monnaie , en arrière plan ton esprit pense le verso , et la totalité de la pièce de monnaie et donc à aucun coté de la pièce de monnaie en particulier . En réalité , nous ne pensons jamais vraiment à quelque chose en particulier . Nous avons simplement l'impression que le particulier doit s'imposer et qu'il existe une vérité particulière ou spéciale .Mais c'est se débattre pour rien .
Le particulier n'est pas une entité autonome ; il est simplement une manière de découper conceptuellement un continuum qui, lui, ne connaît pas ces séparations.Tout ce qui semble apparaître est une modulation d'un même fond qui n'est, en lui-même, rien de particulier.
Autrement dit :
L'intellect cherche sans cesse « la chose » ;alors que l'expérience immédiate ne présente jamais une chose isolée, mais un champ indivisible que l'intellect découpe ensuite.
Pour moi il ne semble pas y avoir une apparition de quelque chose ; il semble simplement y avoir une manière particulière de parler d'un fond qui n'est jamais particulier.