De l’intuition à la validité : ce que la logique exige réellement

Sujet d'actualité Au Québec l'accommodement raisonnable, un sujet d'actualité.
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ronronladouceur

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Re: De l’intuition à la validité : ce que la logique exige réellement

Ecrit le 02 avr.26, 04:55

Message par ronronladouceur »

J'm'interroge a écrit : 02 avr.26, 04:09 Et en les confondant, tu rends le concept de validité inutilisable.
...
Tu affirmes distinguer les cadres, mais dans ce que tu dis, ils sont constamment mélangés.
Caricature

Je ne les confonds pas. Je ne cesse de les distinguer... Vous embrouillez les cartes...
Quand tu dis que “la preuve est dans l’accompli”, tu prends un résultat réussi comme critère.
Tout ce qui a précédé peut être compris comme critères implicites... Déjà traité.
Or un résultat peut être atteint par essai, habitude ou ajustement sans qu’aucune inférence valide n’ait été formulée. Le succès ne prouve pas la validité logique, il montre seulement une efficacité.
L'efficacité est aussi un critère... Vous montrez ici une distinction importante par rapport à la logique formelle : la logique informelle ou naturelle est la logique du vivant...
Ensuite, dire que “les critères sont en arrière-plan” ne résout rien : sans explicitation, tu ne peux ni les identifier, ni les tester, ni montrer qu’ils sont respectés. Tu supposes leur existence à partir du résultat — c’est circulaire.
Caricature

J'en ai nommé plusieurs...
Tu reproches aussi qu’on “ne prouve pas”, mais en logique formelle, justement, la preuve ne dépend pas du résultat observé : elle repose sur des règles explicites qui permettent de vérifier une inférence indépendamment du contexte. Ce n’est pas “après coup” au sens empirique, c’est vérifiable à chaque étape.
En logique informelle, le contexte prime...
Enfin, invoquer une “logique naturelle” ne suffit pas à définir un critère. Tu décris un mode de fonctionnement réel (intuition, ajustement, réussite), mais tu ne fournis toujours aucun moyen de distinguer rigoureusement un raisonnement correct d’un raisonnement erroné. Tant que ce point manque, tu ne proposes pas une logique au sens strict, mais une description du comportement.
Caricature

La logique naturelle a aussi ses critères... Déjà traité.

J'm'interroge

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Re: De l’intuition à la validité : ce que la logique exige réellement

Ecrit le 02 avr.26, 05:57

Message par J'm'interroge »

.
@ ronronladouceur,

Tu affirmes distinguer les cadres, mais tu continues à les fusionner dès que tu parles de critères.

Dire que “l’efficacité est un critère” montre précisément la confusion : l’efficacité est un critère pratique, pas un critère de validité logique. Une action peut être efficace et pourtant reposer sur un raisonnement invalide ou aucune inférence du tout.

Ensuite, dire que tu as “nommé des critères” ne suffit pas : tu évoques des éléments (contexte, réussite, intuition), mais tu ne donnes jamais de règles permettant de trancher. Un critère logique doit permettre de dire clairement : ici l’inférence est valide, ici elle ne l’est pas. Sans cela, ce ne sont pas des critères, mais des descriptions.

Quand tu dis que “le contexte prime”, tu changes encore de plan : le contexte sert à interpréter ou évaluer la pertinence, pas à établir la validité d’une inférence. Sinon, deux contextes différents pourraient rendre valide et invalide une même inférence, ce qui rend le concept inutilisable.

Enfin, parler de “logique du vivant” ne règle rien : tu décris un fonctionnement réel (adaptation, ajustement, réussite), mais tu ne fournis toujours aucun principe de distinction entre correct et incorrect. Tant que ce point manque, tu n’as pas une logique au sens normatif, mais une description du comportement.
.
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Re: De l’intuition à la validité : ce que la logique exige réellement

Ecrit le 02 avr.26, 07:16

Message par ronronladouceur »

J'm'interroge a écrit : 02 avr.26, 05:57 Tu affirmes distinguer les cadres, mais tu continues à les fusionner dès que tu parles de critères.
Pour vous satisfaire vous-même et voir enfin où vous vous situez : nommez et décrivez les critères de la logique formelle tout en les distinguant de ceux de la logique informelle.

Merci.

J'm'interroge

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Re: De l’intuition à la validité : ce que la logique exige réellement

Ecrit le 02 avr.26, 07:54

Message par J'm'interroge »

ronronladouceur a écrit : 02 avr.26, 07:16
Pour vous satisfaire vous-même et voir enfin où vous vous situez : nommez et décrivez les critères de la logique formelle tout en les distinguant de ceux de la logique informelle.

Merci.
Très bien. Voici une réponse claire qui fait la distinction :


1. Critères de la logique formelle :

Ils sont explicites, définis et vérifiables indépendamment du contenu :

- Validité : la conclusion suit nécessairement des prémisses (si les prémisses sont vraies, la conclusion ne peut pas être fausse).
- Règles d’inférence : schémas précis (ex : modus ponens) permettant de passer des prémisses à la conclusion.
- Consistance : absence de contradiction dans l’ensemble des propositions.
- Formalisation : les énoncés sont exprimés dans un langage structuré (syntaxique).
- Dérivabilité / preuve : possibilité de démontrer la conclusion étape par étape selon des règles explicites.

Ces critères permettent de trancher : valide / invalide, indépendamment du contexte ou du ressenti.


2. Ce que tu appelles “logique informelle / naturelle” :

On change ici de registre. On n’est plus dans des critères de validité stricte, mais dans des critères pragmatiques et cognitifs :

- Pertinence (par rapport au contexte)
- Plausibilité (ce qui paraît crédible)
- Efficacité (atteinte d’un objectif)
- Cohérence perçue (ça “semble tenir”)
- Adaptation au réel (accord avec l’expérience)
- Intuition / jugement (le " ce qu'il te paraît")

Ces éléments permettent d’évaluer un raisonnement en situation, mais ne permettent pas de trancher formellement la validité d’une inférence.


3. Différence essentielle :

- Logique formelle → normative : elle dit si une inférence est correcte.
- “Logique naturelle” → descriptive/pragmatique : elle décrit comment on raisonne et ce qui fonctionne.


4. Point décisif :

Tu peux appeler les deux “logique” si tu veux.
Mais dans ce cas, il faut accepter ceci :
- seuls les critères formels permettent de déterminer rigoureusement si une inférence est valide ou non.
- Les autres critères (efficacité, intuition, contexte…) interviennent ailleurs — utiles, plausibles, convaincants, etc. — mais ils ne remplacent pas les critères logiques.
.
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Re: De l’intuition à la validité : ce que la logique exige réellement

Ecrit le 02 avr.26, 23:57

Message par vic »

a écrit :J'minterroge a dit : Tu redéfinis les termes au lieu de répondre au point.

La “validité au sens strict” en logique ne signifie pas “capacité à prouver quelque chose dans la réalité”. Elle signifie : une conclusion suit nécessairement de prémisses selon des règles d’inférence.

Ta phrase est correcte si on parle de logique au sens formel strict.
Mais elle devient insuffisante dès qu’on parle de raisonnement en général.

Dans l’usage courant, dire qu’un raisonnement est "logique", c’est aussi dire qu’il est cohérent avec le réel.
Donc limiter la validité à la seule relation formelle, c’est adopter une définition technique, mais pas la seule pertinente.

C’est pourquoi je distingue deux niveaux :

– la validité formelle (interne à un système)
– et l’évaluation d’un raisonnement en situation (incluant le rapport au réel).

Parler de "logique stricte" sans préciser qu’il s’agit de logique formelle peut prêter à confusion, en donnant l’impression que toute logique se réduit à ce cadre.
Seul le présent est “réel”, précisément parce qu’il ne peut être saisi, ni retenu.

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Re: De l’intuition à la validité : ce que la logique exige réellement

Ecrit le 03 avr.26, 00:25

Message par J'm'interroge »

J'm'interroge a écrit :
Tu redéfinis les termes au lieu de répondre au point.

La “validité au sens strict” en logique ne signifie pas “capacité à prouver quelque chose dans la réalité”. Elle signifie : une conclusion suit nécessairement de prémisses selon des règles d’inférence.
vic a écrit : 02 avr.26, 23:57
Ta phrase est correcte si on parle de logique au sens formel strict.
Mais elle devient insuffisante dès qu’on parle de raisonnement en général.

Dans l’usage courant, dire qu’un raisonnement est "logique", c’est aussi dire qu’il est cohérent avec le réel.
Donc limiter la validité à la seule relation formelle, c’est adopter une définition technique, mais pas la seule pertinente.
Ah je note une progression :
Tu distingues à présent logique au sens strict et raisonnement, soit logique au sens strict et logique en un sens impropre commun.

C'est bien. On avance enfin. (y)

Mais ta conclusion ne suit pas.

Oui, dans l’usage courant, “logique” peut vouloir dire “cohérent avec le réel”. Mais ce n’est pas une extension du même concept, c’est un glissement de sens. Tu passes d’un critère précis (validité) à une appréciation globale (pertinence, vérité, plausibilité).

Le problème est là : si tu appelles “validité” ces deux choses, tu continues de mélanger ce que je distingue précisément depuis le début.

- validité formelle → relation entre énoncés (logique au sens strict)
- adéquation au réel → vérité des prémisses + évaluation empirique (logique en un sens commun abusif et confus)

Ce que tu appelles “validité en situation” n’est donc pas une autre forme de validité logique. C’est un jugement composite (logique + empirique + contextuel).

Donc oui, il y a bien deux niveaux. Mais non, ils ne relèvent pas du même concept.

Sinon, tu perds précisément ce que la logique apporte : un critère clair, indépendant du contexte, pour évaluer les inférences explicites dans ce qui est énoncé.
.

Ajouté 5 minutes 37 secondes après :
vic a écrit : 02 avr.26, 23:57
Parler de "logique stricte" sans préciser qu’il s’agit de logique formelle peut prêter à confusion, en donnant l’impression que toute logique se réduit à ce cadre.
Sur ce point, la remarque est recevable, mais elle ne change rien au fond.

Oui, dire “logique stricte” peut prêter à confusion si on ne précise pas qu’il s’agit de logique formelle. La précision est légitime.

Mais une fois clarifié, le problème reste entier : ce que tu appelles “autres logiques” (informelle, naturelle, en situation) ne fournissent pas de critère explicite de validité au même sens.

Donc la question n’est pas terminologique, elle est conceptuelle :
- soit on parle de validité au sens strict → cadre formel
- soit on parle d’évaluation globale d’un raisonnement → autre chose que la validité logique

Autrement dit : préciser les mots est utile, mais ça ne comble pas l’écart entre évaluer un raisonnement et établir sa validité logique.

Après, une logique au sens strict est nécessairement explicite donc formelle en un sens large.
.
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Re: De l’intuition à la validité : ce que la logique exige réellement

Ecrit le 03 avr.26, 01:27

Message par vic »

Je comprends ta distinction, et je suis d’accord sur le fait que la validité au sens strict est définie formellement.
Mais mon point reste le suivant : ce critère, aussi clair soit-il, ne suffit pas à évaluer un raisonnement dans le réel.
Donc oui, il y a un écart entre validité logique et évaluation globale , et c’est précisément cet écart qui est décisif en pratique.
Autrement dit : la validité formelle est nécessaire pour analyser une inférence, mais elle n’est pas suffisante pour juger un raisonnement.
Modifié en dernier par vic le 03 avr.26, 01:56, modifié 2 fois.
Seul le présent est “réel”, précisément parce qu’il ne peut être saisi, ni retenu.

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Re: De l’intuition à la validité : ce que la logique exige réellement

Ecrit le 03 avr.26, 01:48

Message par J'm'interroge »

vic a écrit : 03 avr.26, 01:27
Je comprends ta distinction, et je suis d’accord sur le fait que la validité au sens strict est définie formellement.
Mais mon point reste le suivant : ce critère, aussi clair soit-il, ne suffit pas à évaluer un raisonnement dans le réel.
Donc oui, il y a un écart entre validité logique et évaluation globale , et c’est précisément cet écart qui est décisif en pratique.
Autrement dit : la validité formelle est nécessaire pour analyser une inférence, mais elle n’est pas suffisante pour juger un raisonnement.
Là, formulé ainsi, c’est correct. Mais il faut être précis sur ce que ça implique.

Oui : la validité formelle ne suffit pas à juger un raisonnement dans le réel, parce qu’il faut aussi que les prémisses soient vraies et pertinentes. Sur ce point, aucun désaccord.

Mais cet “écart décisif” ne remet pas en cause la validité logique. Il montre simplement que tu ajoutes d’autres critères (empiriques, contextuels) à côté. Ce n’est pas une autre validité, c’est une évaluation composite.

Donc la formulation rigoureuse est :
- validité formelle → condition nécessaire pour qu’un raisonnement soit correct
- vérité/pertinence des prémisses → condition pour qu’il soit vrai dans le réel

Si tu supprimes la validité, même avec de bonnes prémisses, tu peux conclure n’importe quoi.
Si tu supprimes la vérité des prémisses, même avec une inférence valide, tu peux conclure du faux.

Autrement dit :
Tu as raison sur l’insuffisance, mais pas sur l’idée qu’il existerait une autre “validité” du même type.
.
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Re: De l’intuition à la validité : ce que la logique exige réellement

Ecrit le 03 avr.26, 01:57

Message par vic »

a écrit :J'minterroge a dit : Mais une fois clarifié, le problème reste entier : ce que tu appelles “autres logiques” (informelle, naturelle, en situation) ne fournissent pas de critère explicite de validité au même sens.
Qu’il n’y ait pas de critère formel explicite ne veut pas dire qu’il n’y a pas de critère du tout.
Ça veut dire que l’évaluation passe par d’autres dimensions : empirique, contextuelle, probabiliste
a écrit :J'minterroge a dit : Autrement dit :
Tu as raison sur l’insuffisance, mais pas sur l’idée qu’il existerait une autre “validité” du même type.
Je suis d’accord : il n’y a pas de critère explicite au même sens.
Mais cela ne signifie pas absence de critère, seulement différence de nature : empirique, contextuelle, probabiliste.
Exiger un critère formel partout, c’est déjà privilégier un type de logique.

je vais te démontrer qu'un raisonnement peut être valide dans la réalité sans être formellement prouvable

Prenons un exemple concret : un médicament qui a été conçu pour une maladie précise mais qu’on découvre, par hasard, qu’il fonctionne sur d’autres maladies inattendues.
On ne comprend pas encore parfaitement le mécanisme.

La logique formelle seule ne permet pas d’évaluer ce résultat : il n’existe pas de règle formelle qui garantisse l’efficacité dans ces nouvelles situations.
Pourtant, l’observation empirique montre que le raisonnement "le médicament pourrait aider" est valable dans la pratique.

Ici, la validité est réelle, mais elle n’est pas formalisable dans le cadre strict de la logique formelle. C’est exactement ce que j’appelle un critère de validité en situation, complémentaire à la validité formelle
Seul le présent est “réel”, précisément parce qu’il ne peut être saisi, ni retenu.

J'm'interroge

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Re: De l’intuition à la validité : ce que la logique exige réellement

Ecrit le 03 avr.26, 02:23

Message par J'm'interroge »

J'm'interroge a écrit :
Mais une fois clarifié, le problème reste entier : ce que tu appelles “autres logiques” (informelle, naturelle, en situation) ne fournissent pas de critère explicite de validité au même sens.
vic a écrit : 03 avr.26, 01:57
Qu’il n’y ait pas de critère formel explicite ne veut pas dire qu’il n’y a pas de critère du tout.
Ça veut dire que l’évaluation passe par d’autres dimensions : empirique, contextuelle, probabiliste
Oui mais, dans ce cas, il faut arrêter d’appeler ça des critères de validité logique.

Ce que tu décris (empirique, contextuel, probabiliste), ce sont des critères d’évaluation du contenu ou de la pertinence d’un raisonnement, pas des critères qui permettent de dire si l’inférence est valide ou non.

- Le point décisif est simple : un critère de validité doit permettre de trancher indépendamment du contenu.
- Or les critères que tu cites dépendent précisément du contenu, du contexte et de l’interprétation.
- Donc oui, il y a bien d’autres critères, mais ils ne jouent pas le même rôle.

Tu ne complètes pas la validité logique, tu changes de type d’évaluation.

Autrement dit :
- logique → est-ce que ça suit ?
- empirique/probabiliste → est-ce que c’est vrai/plausible ?

Confondre les deux, c’est perdre la distinction qui permet justement de penser correctement et de parler de logique au sens strict.

J'm'interroge a écrit :
Autrement dit :
Tu as raison sur l’insuffisance, mais pas sur l’idée qu’il existerait une autre “validité” du même type.
vic a écrit : 03 avr.26, 01:57
Je suis d’accord : il n’y a pas de critère explicite au même sens.
Mais cela ne signifie pas absence de critère, seulement différence de nature : empirique, contextuelle, probabiliste.
Exiger un critère formel partout, c’est déjà privilégier un type de logique.

je vais te démontrer qu'un raisonnement peut être valide dans la réalité sans être formellement prouvable

Prenons un exemple concret : un médicament qui a été conçu pour une maladie précise mais qu’on découvre, par hasard, qu’il fonctionne sur d’autres maladies inattendues.
On ne comprend pas encore parfaitement le mécanisme.

La logique formelle seule ne permet pas d’évaluer ce résultat : il n’existe pas de règle formelle qui garantisse l’efficacité dans ces nouvelles situations.
Pourtant, l’observation empirique montre que le raisonnement "le médicament pourrait aider" est valable dans la pratique.

Ici, la validité est réelle, mais elle n’est pas formalisable dans le cadre strict de la logique formelle. C’est exactement ce que j’appelle un critère de validité en situation, complémentaire à la validité formelle
Ton exemple ne montre pas ce que tu crois montrer.

Dans ton cas du médicament, il n’y a pas une “inférence valide dans la réalité”. Il y a :
- une observation empirique (ça fonctionne),
- puis éventuellement une hypothèse (“ça pourrait aider ailleurs”).

Ce n’est pas une validité logique, c’est une induction ou une inférence probabiliste. Et par définition, ce type d’inférence n’est pas valide au sens strict : la conclusion peut être fausse même si les prémisses sont vraies.

Tu changes donc encore de registre en continuant de les confondre :
- logique formelle → nécessité (si prémisses vraies, conclusion forcément vraie)
- raisonnement empirique → probabilité (ça marche, donc ça a des chances de marcher)

Dire que c’est une “validité en situation” est trompeur, parce que tu utilises le mot validité pour désigner quelque chose qui n’a plus la propriété centrale de la validité logique : la nécessité.

Enfin, le fait qu’on ne comprenne pas encore le mécanisme n’a rien à voir avec la logique. Ça relève de la connaissance scientifique, pas des règles d’inférence.

Donc ton exemple confirme exactement le point :
Ce que tu appelles “validité réelle” est en fait une évaluation empirique réussie, pas une validité logique d’un autre type.
.
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Re: De l’intuition à la validité : ce que la logique exige réellement

Ecrit le 03 avr.26, 02:35

Message par vic »

Je comprends ton point : je ne prétends pas que l’inférence empirique du médicament soit valide au sens formel strict.
Mon argument n’était pas de créer un nouveau type de "validité logique" avec nécessité formelle.

Je montre simplement que dans la pratique, on juge la qualité d’un raisonnement à partir de ce qui se passe réellement : observation empirique, contexte, plausibilité.
Cette évaluation n’a pas la nécessité stricte de la logique formelle, mais elle est réelle et pertinente pour décider et agir.

Appeler ça "validité en situation" n’a pas pour but de confondre avec la validité formelle, mais de signaler qu’il existe un critère concret d’évaluation du raisonnement au-delà du formel.

Je reconnais que la validité formelle est bien définie et constitue un critère rigoureux dans certains cadre restreints .
Mais dans la vie réelle, nous évaluons aussi les raisonnements selon leur cohérence avec l’expérience et le contexte.
Ce n’est pas de la validité formelle, mais c’est un autre type de logique, "logique en situation" qui est réelle, pertinente et indispensable pour décider et agir.

On a l'impression que tu fais de la logique formelle l'alpha et l'oméga de la logique, et que tout autre mode de logique ne mérite pas d'être appelé logique .
Je te trouve très excessif .
Seul le présent est “réel”, précisément parce qu’il ne peut être saisi, ni retenu.

J'm'interroge

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Re: De l’intuition à la validité : ce que la logique exige réellement

Ecrit le 03 avr.26, 03:24

Message par J'm'interroge »

vic a écrit : 03 avr.26, 02:35 .
Là, ton point devient clair, mais il faut encore corriger un glissement.

Personne ne nie que, dans la pratique, on évalue des raisonnements avec des critères empiriques, contextuels, probabilistes. C’est évident, et c’est indispensable pour agir. Sur ça, il n’y a pas de désaccord.

Le problème est uniquement terminologique et conceptuel :
Ce que tu appelles “logique en situation” n’est pas une logique au même sens, parce qu’elle ne fournit pas de critère de validité des inférences. Elle évalue un raisonnement global (vrai, utile, plausible), mais elle ne dit pas si la conclusion suit nécessairement des prémisses.

Donc il faut être précis :
- logique formelle → évalue la structure de l’inférence
- évaluation en situation → juge la qualité globale (vérité, pertinence, efficacité)
Appeler les deux “logique” est possible au sens large, mais ça crée exactement les confusions qu’on est en train de démêler.

Enfin, dire que la logique formelle serait “l’alpha et l’oméga” est une caricature. Le point défendu est plus simple :
  • Seul un système formel logique donne un critère clair et non ambigu de validité.
Tout le reste existe, mais ne joue pas le même rôle.
.
- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
- Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas.
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Re: De l’intuition à la validité : ce que la logique exige réellement

Ecrit le 03 avr.26, 03:38

Message par vic »

Oui, là je suis d'accord .
Ca élargie la définition du terme "logique " et ça résout le contentieux principal .
a écrit :j'minterroge a dit : Appeler les deux “logique” est possible au sens large, mais ça crée exactement les confusions qu’on est en train de démêler.
Non , ça ne crée aucune confusion puisqu'on distingue deux niveaux de la définition du terme "logique" possibles :

-logique en situation

- logique formelle .

Ce qui serait par contre confusionnel c'est de confondre "logique en situation" et "logique formelle" .

La "logique en situation" se sert comme son nom l'indique des situations , donc d'avantage de l'observation empirique .

Pour exemple , l'homme saura naturellement reconnaitre le visage d'une personne et d'une autre naturellement, sans avoir à faire des calculs mathématiques de la topographie du visage ( écart entre les yeux etc ...) et valider avec précision logiquement une reconnaissance faciale .
Même si on peut difficilement expliquer quels sont les critères précis qui ont rendu possible ce fait , il n'en est pas moins réel .
Et cela sans passer par des règles formelles explicites .
Même si tu penses que la logique qui n'est pas formelle n'est pas précise , j'arrive quand même avec précision à reconnaitre mes proches sans les confondre avec quelqu'un d'autre .
C’est une façon très directe de montrer l’efficacité réelle de la logique en situation, même si elle n’est pas formalisée.
Seul le présent est “réel”, précisément parce qu’il ne peut être saisi, ni retenu.

J'm'interroge

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Re: De l’intuition à la validité : ce que la logique exige réellement

Ecrit le 03 avr.26, 04:08

Message par J'm'interroge »

J'm'interroge " a écrit :
Appeler les deux “logique” est possible au sens large, mais ça crée exactement les confusions qu’on est en train de démêler.
vic a écrit : 03 avr.26, 03:38
Oui, là je suis d'accord .
Ca élargie la définition du terme "logique " et ça résout le contentieux principal .


Non , ça ne crée aucune confusion puisqu'on distingue deux niveaux de la définition du terme "logique" possibles :

-logique en situation

- logique formelle .

Ce qui serait par contre confusionnel c'est de confondre "logique en situation" et "logique formelle" .

La "logique en situation" se sert comme son nom l'indique des situations , donc d'avantage de l'observation empirique .
La distinction que tu proposes est acceptable si elle est tenue rigoureusement, Mais c’est précisément là que la confusion réapparaît.

Dire “logique en situation” n’est pas faux au sens large, mais seulement si tu admets clairement que :
ce n’est pas une logique au sens normatif de l’inférence, mais une évaluation globale (empirique, contextuelle, probabiliste). Sinon, tu réintroduis implicitement de la validité là où il n’y en a pas au sens strict.

Le point critique est celui-ci :
Dans la “logique en situation”, il n’existe pas de critère permettant de trancher de manière non ambiguë si une conclusion suit d’autres énoncés. On juge que “ça tient”, “ça marche”, “c’est plausible”, mais ce ne sont pas des conditions de validité.

Donc oui, la distinction peut fonctionner, mais uniquement à condition de ne pas mettre sur le même plan :
- une norme de validité (formelle)
- et une appréciation pragmatique (en situation)
Sinon, tu ne distingues plus vraiment les deux niveaux de sens , tu changes simplement de sens sans t’en rendre compte.

Et c'est pourquoi j'insiste pour ne parler de logique qu'aux sens strict, si l'on veut rester sur une position cohérente, et surtout opératoire.

En réservant le terme “logique” au sens strict, j'évites précisément toutes les ambiguïtés qu’on vient de voir : je conserve un critère clair de validité, indépendant du contexte, du ressenti ou de l’efficacité.

Tout le reste (raisonnement en situation, intuition, empirique, plausibilité) peut être reconnu pour ce que c’est (c'est utile, indispensable même), mais sans brouiller le concept de logique.

Autrement dit :
- je nie pas la richesse du raisonnement humain,
- je refuse simplement d'appeler "logique" ce qui n'est pas de la logique au sens strict.
.

Ajouté 4 minutes 12 secondes après :
vic a écrit : 03 avr.26, 03:38
Pour exemple , l'homme saura naturellement reconnaitre le visage d'une personne et d'une autre naturellement, sans avoir à faire des calculs mathématiques de la topographie du visage ( écart entre les yeux etc ...) et valider avec précision logiquement une reconnaissance faciale .
Même si on peut difficilement expliquer quels sont les critères précis qui ont rendu possible ce fait , il n'en est pas moins réel .
Et cela sans passer par des règles formelles explicites .
Même si tu penses que la logique qui n'est pas formelle n'est pas précise , j'arrive quand même avec précision à reconnaitre mes proches sans les confondre avec quelqu'un d'autre .
C’est une façon très directe de montrer l’efficacité réelle de la logique en situation, même si elle n’est pas formalisée.
Ton exemple est bon, mais la conclusion que tu en tires ne l’est pas.

Reconnaître un visage sans calculs explicites ne relève pas de la logique, mais d’un processus perceptif et cognitif. C’est de la reconnaissance de formes, appuyée sur des mécanismes neurocognitifs très complexes. C’est efficace, mais ce n’est pas une inférence.

- La logique, au sens strict, concerne ceci : des énoncés reliés par des règles d’inférence explicites.
- Ici, il n’y a ni énoncés, ni règles, ni déduction. Donc pas de logique, même “en situation”.

Ce que ton exemple montre réellement, c’est :
- l’existence de compétences non explicites
- l’efficacité de l’intuition et de la perception
- la capacité du cerveau à traiter de l’information sans formalisation
Mais appeler ça “logique en situation” est un glissement : tu étends le mot “logique” à tout processus efficace de la pensée, et à ce moment-là, le terme perd sa spécificité.

Donc oui, l’exemple est pertinent pour montrer que l’intelligence humaine ne se réduit pas à des règles formelles.

Mais non, il ne montre pas qu’il existe une autre forme de logique.

Le fait que tu nommes cela "logique" est un choix personnel, mais il ne s'agit pas de logique au sens strict.
.
Modifié en dernier par J'm'interroge le 03 avr.26, 04:14, modifié 1 fois.
- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
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Re: De l’intuition à la validité : ce que la logique exige réellement

Ecrit le 03 avr.26, 04:13

Message par vic »

a écrit :J'minterroge a dit : Autrement dit :
- je nie pas la richesse du raisonnement humain,
- je refuse simplement d'appeler "logique" ce qui n'est pas de la logique au sens strict.
C'est bien ce qu'on a détecté , ton caractère radical , excessif et idéaliste .
En plus la logique au sens strict dont tu parles n'existe même pas , puisque la logique formelle ne peut pas évaluer ou valider ses prémisses .
C'est donc purement abusif de parler de logique stricte .
Si la logique formelle pouvait tout évaluer , y compris ses prémisses , parler de logique au sens strict serait peut être recevable .
Dans un sens large , on pourrait tout aussi bien estimer que la logique formelle a des critères vagues , puisque ses prémisses ne sont pas évalués .
Modifié en dernier par vic le 03 avr.26, 04:18, modifié 1 fois.
Seul le présent est “réel”, précisément parce qu’il ne peut être saisi, ni retenu.

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