vic a écrit : 03 avr.26, 04:19
Je dis ça parce que là on parle de la logique au sens large .
En parlant au sens large , on peut émettre exactement les même critiques d'imprécision de critères de validité de la logique formelle et de la logique en situation .
Non. Là tu fais une symétrie qui ne tient pas.
Si tu parles au sens large, tu peux effectivement regrouper plusieurs choses sous le mot “logique”. Mais tu ne peux pas leur attribuer les mêmes types de critères, sinon le terme perd toute fonction discriminante.
1) Logique formelle :
Elle possède des critères explicites et stricts :
- règles d’inférence
- dérivation étape par étape
- validité indépendante du contenu
Même si elle ne juge pas les prémisses, elle a un critère précis de validité.
2) “Logique en situation” :
Elle mobilise :
- observation
- contexte
- plausibilité
- efficacité
Mais ces éléments ne donnent pas un critère de validité au même sens. Ils permettent de dire “ça marche”, “c’est pertinent”, “c’est probable”, mais pas “c’est valide au sens logique”.
Le point que tu rates :
Tu dis : “dans les deux cas, les critères sont imprécis”.
C’est faux.
- En logique formelle → critères formalisables et testables.
- En évaluation en situation → critères flous, dépendants du contexte.
Ce n’est pas une faiblesse équivalente, c’est une différence de nature.
Conclusion :
Tu peux élargir le mot “logique” si tu veux.
Mais alors tu dois accepter que plus tu élargis le concept, plus il perd en précision.
Et à un certain point, ce que tu appelles “logique” n’est plus une logique au sens strict, mais un mélange de cognition, d’expérience et de jugement.
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J'm'interroge a écrit :
la logique formelle n’est pas “incomplète” elle est spécialisée
vic a écrit : 03 avr.26, 04:31
Si elle est spécialisée , elle ne couvre pas tout , donc elle n'est pas de la logique stricte .
Le terme stricte est mal employé .
C'est une logique vague dans un sens général , puisqu'elle ne peut évaluer ses prémisses .
Rien de stricte en soi ni de rigoureux plus que la logique de situation .
En plus pour évaluer les prémisses de la logique formelle , c'est la logique de situation qui chapeaute .
La logique réelle dépasse largement la logique formelle .
Tu fais encore une confusion entre limitation de domaine et manque de rigueur.
Tu dis :
“Elle ne couvre pas tout, donc elle n’est pas stricte”
C'est faux.
Être “strict” ne veut pas dire “tout couvrir”.
Un scalpel est plus “strict” qu’un couteau de cuisine, même s’il ne coupe pas tout.
La logique formelle est stricte parce que :
- ses règles sont explicites
- ses dérivations sont contrôlables
- sa validité est décidable dans son cadre
Sa spécialisation n’est pas une faiblesse, c’est ce qui garantit sa précision.
Tu dis :
“Elle ne peut pas évaluer ses prémisses donc elle est vague”
Non.
Elle n’est pas censée évaluer les prémisses.
C’est une séparation des tâches :
- logique formelle → relation entre énoncés
- sciences / expérience → vérité des énoncés
Dire qu’un outil est “vague” parce qu’il ne fait pas le travail d’un autre outil, c’est un contresens.
Tu dis :
“La logique de situation chapeaute la logique formelle”
C’est là que tu inverses les niveaux.
La logique en situation peut utiliser la logique formelle, mais elle ne la remplace pas et ne la surplombe pas.
- logique formelle → donne un critère de validité
- logique en situation → juge le contenu, la pertinence, la vérité
Ce sont deux dimensions différentes, pas une hiérarchie.
Tu dis :
“La logique réelle dépasse la logique formelle”
Oui, si par “logique réelle” tu entends :
- cognition
- perception
- expérience
- décision
Mais alors tu ne parles plus de logique au sens strict.
Tu parles d’un processus global de pensée.
Conclusion :
- Tu fais une extension du mot “logique” jusqu’à inclure presque toute activité cognitive.
- À ce niveau, le mot devient descriptif (encore que… ça reste très vague), mais perd sa fonction de critère.
- La logique formelle n’est pas “moins stricte” parce qu’elle est limitée.
- Elle est stricte précisément parce qu’elle est limitée.
.
- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
- Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas.
Humilité !
- Toute expérience vécue résulte de choix. Et tout choix produit son lot d'expériences vécues.
Sagesse !