a écrit :Ronron la douceur a dit : T'as pas besoin d'évaluer pour savoir si tu souffres... Bizarre!
Comment peux tu savoir que tu souffres si tu n'en as aucune évaluation ?
Si on n'évalue pas on ne sait pas .
Bien sûr que la souffrance est étroitement liée à l'évaluation ronron .
Simplement cette évaluation se fait sans que tu t'en aperçoive , par d'autres biais inconscients .
Tu t'es fabriqué mentalement un dualisme notamment par le biais de ton éducation.
On se fabrique de cette manière là des repères .
Mais un sado maso par exemple , lui va se fabriquer d'autres repères , et pourra ressentir du plaisir , de l'extase , là où nous on ressentira de la souffrance .
C'est avant tout une question de repères d'évaluation qu'on se fabrique .
C'est du reste pour ça que les bouddhistes disent que la souffrance c'est une truc qui se laisse travailler, et pas un truc absolu ou immuable .
Un personne qui va faire du saut en élastique pour la 1ère fois va éprouver de l'extase et voudra recommencer par qu'elle aime se faire peur .
Une autre après un tel saut aura eu tellement peur qu'elle refusera de recommencer . Elle recevra cette peur comme une terrible souffrance .
a écrit :Ronron la douceur a dit : C'est une formulation bizarre...
Si tout dépend de savoir si le croyant cherche à croire pour se donner des repères, alors on ne peut pas affirmer que c’est ''souvent majoritairement le cas'' (faut d'abord que la condition soit remplie)...
J'aurais du dire , la croyance est une quête de repère .
Pour un croyant , la vie sans repère est une souffrance .
Il faut donc que la vie ait un sens et lui donner un sens , lui en fabriquer un même au besoin .
Alors qu'en réalité , sans repère , on ne peut pas évaluer si on souffre ou non .
C'est ce qui fait que l'agnostique ne comprend pas la peur ou non de la mort .
Il ignore même si la question le fait souffrir ou non .
Il n'arrive même pas à souffrir sur cette question puisqu'il n'a pas de repère et ne cherche pas à trouver un sens absolu à sa vie .
Là ou le croyant en réalité psychote pour savoir si il va aller en enfer ou pas , et si il ira bien au paradis, dans l'espoir que sa vie ait un sens .
La foi c'est l'espoir dans la quête de sens .
L'évaluation suppose un système de mesure : Pour quantifier une souffrance ou juger d'un salut ,il faut une échelle de valeurs, une norme ou un repère moral/métaphysique. Sans cet axe « Bien/Mal » ou « Paradis/Enfer », la grille d'évaluation s'effondre.
-> La fabrication du sens comme anxiolytique : La création d'un récit ou d'un sens absolu permet d'ordonner le chaos, mais elle génère en retour une angoisse propre à ce récit (la peur de la faute, du jugement, de l'échec spirituel). Le croyant crée à la fois le remède et la maladie.
-> Le décrochage de l'agnostique : En ne cherchant pas à imposer une architecture d'évaluation sur ce qui est, l'agnostique (ou l'esprit affranchi de repères intrinsèques) ne rejette pas la question du sens : il la dissout. La question de la mort perd son poids dramatique non pas par courage stoïque, mais par manque de prise théorique.
La foi apparaît ainsi comme une tension prospective un espoir tendu vers un sens à venir ou à maintenir, là où l'absence de repère ramène à une neutralité où la notion même de « problème à résoudre » s'évanouit.
L'agnostisme, pris dans ce sens strict, n'est donc ni une construction, ni une déconstruction. Ce n'est ni un point de départ, ni un point d'arrivée.
Dès qu'on essaie de l'expliquer par une cause (la biologie, la culture, l'histoire, la statistique), on réintroduit un repère pour tenter de le situer. Il échappe aux catégories parce qu'il ne cherche pas à trancher sur ce qui est ou ce qui n'est pas.
La rareté statistique ne prouve donc rien sur sa nature : vouloir l'expliquer scientifiquement ou historiquement, c'est déjà vouloir « combler » la question avec du sens.
C'est peut-être cette impossibilité de le catégoriser sans le dénaturer qui fait qu'il est si difficile à tenir ou même à formuler sans qu'il soit immédiatement réimplanté dans un récit.