a écrit :J'minterroge a dit : Oui, tu pars du principe dogmatique qu'il ne se présente rien.
Mais qu'il se présente des choses n'est pas un principe théorique, c'est un constat empirique.
Non , je ne pars pas de rien , mais d'aucune opinion particulière .
Je n'ai donc aucune raison de partir du principe qu'il existerait quelque chose plutôt que rien qui se présente .
Qu'une chose semble se présenter ne prouve pas qu'elle se présente , ce sont deux choses qui ne sont pas exactement la même chose .
Partir du principe qu'empiriquement une chose se présente plutôt que pas n'est pas une opinion neutre .
a écrit :J'minterroge a dit : Une entité métaphysique en effet, par principe, ne peut pas se représenter. Elle ne peut qu'être postulée. C'est ce que je dis.
Pourtant tu pars d'une entité , le fait qu'une chose se présente , sans même interroger cela .
a écrit :J'minterroge a dit : Non. Ça c'est ta théorie métaphysique. Je ne postule pas de phénomène en soi qui se présenterait.
Tu plaisantes?
Tu dis qu'il y a toujours quelque chose qui se présente comme il se présente , tu postules bien une entité .
a écrit :J'minterroge a dit : C'est dire qu'elle semble se présenter, alors qu'elle se présente, qui est théorique, car cela présuppose une théorie selon laquelle quelque chose d'invisible se présenterait autrement de manière visible ou selon laquelle il y aurait une réalité cachée qui serait la "vraie" réalité.
Non , dire qu'une chose semble se présenter comme je le fais c'est laisser place au doute sur le fait qu'elle se présente ou non .
Par exemple , le rouge semble se présenter en tant que couleur , mais cela ne prouve pas pour autant que le rouge existe en soi ni même les couleurs et que le rouge se présente .
Tout ce que je peux dire , c'est que le rouge semble se présenter .
je ne postule pas qu'il soit présent ou non , je reste neutre .
Tandis que toi tu postules l'existence du rouge et le fait que le rouge se présente .
En rajoutant le" semble" , je reste neutre , prudent sur la présence ou non du rouge ou même son existence .
Il ne suffit pas pour moi qu'une chose ou un phénomène soit vrai-semblant pour que ça suffise pour ne pas l'interroger .
Et il s'avère que quand on interroge la science , le rouge n'existe pas vraiment , il est une interprétation de notre cerveau qui fabrique lui même la couleur alors qu'elle n'est jamais présente dans les objets .
Donc cela ressemble à une hallucination .
Une hallucination de quelque chose , c'est ce qui semble se présenter d'un quelque chose alors que ce quelque chose n'est pas vraiment là .
Donc pour le rouge , la formulation " semble se présenter " est plus neutre que de dire " le rouge se présente" puisque la dernière formulation est une théorie , une opinion par apriori.
Alors que si je dis " le rouge dans cette pomme semble se présenter " alors là ça n'est pas une théorie .
j'indique par cette prudence que mes sens peuvent me tromper , et qu'il est légitime de rester prudent quand il est question de parler des sensations qui sont liées aux sens .
La sensation du rouge pourrait ne jamais avoir été là ou pas , puisqu'une sensation n'est pas une entité .
En conclusion :
Je passe d'une posture de réalisme naïf (la tienne , qui postule que ce que l'on voit existe tel quel à l'extérieur) à une posture de prudence phénoménologique et scientifique.Par exemple, dans un rêve ou face à un mirage, un objet semble se présenter. Si nous disions catégoriquement "il se présente", nous serions incapables de distinguer l'illusion de la réalité objective. Le mot "sembler" n'est pas une théorie du complot sur une réalité cachée, c'est simplement le langage de la lucidité face à la faillibilité de nos sens.