L'empirisme radical : Contre les fictions métaphysiques

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J'm'interroge

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L'empirisme radical : Contre les fictions métaphysiques

Ecrit le 21 mai26, 04:48

Message par J'm'interroge »

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L’empirisme radical part d’un constat simple : dans ce qui se donne, rien ne se présente comme un sujet à qui quelque chose apparaîtrait. La structure « quelque chose apparaît à quelqu’un » n’est jamais rencontrée comme donnée immédiate. C'est une construction interprétative ajoutée à ce qui se présente, puis naturalisée par l’usage.

De la même manière, rien dans l’expérience ne se donne comme un « extérieur de l’apparaître ». L’idée d’un monde situé hors ou derrière l’apparaître n’est jamais un élément rencontré, mais une hypothèse conceptuelle. L’empirisme radical peut donc en venir à affirmer qu’il n’y a ni sujet séparé auquel les phénomènes apparaissent, ni monde extérieur à l’apparaître. Mais ces affirmations ne doivent pas être comprises comme des thèses ontologiques au sens classique, ni même comme des « ontologies négatives ».

Elles ne visent pas à décrire ce qui existerait ou n’existerait pas en soi. Elles visent à décrire ce qui est effectivement donné dans l’expérience, et à refuser que des constructions conceptuelles soient prises pour des réalités concrètes. Dire « il n’y a pas de sujet à qui il apparaît quelque chose » signifie : aucun tel sujet n’est identifiable comme donné dans l’apparaître. Dire « il n’y a pas d’extérieur de l’apparaître » signifie : rien de tel ne se présente comme élément de l’expérience.

Le point central est donc méthodologique et non ontologique. Il ne s’agit pas d’affirmer un résultat sur la structure ultime du réel, mais de décrire strictement les limites de ce qui est effectivement observable dans l’expérience. Toute entité qui prétend dépasser ces limites — sujet transcendantal, esprit structurant, monde extérieur indépendant — est traitée comme construction conceptuelle, non comme donnée.

Ainsi, les notions de « sujet », « esprit », « monde », ou « réalité extérieure » ne sont pas rejetées comme fausses entités dans un registre métaphysique inverse. Elles sont reconnues comme des opérations de pensée : des manières de structurer, organiser et interpréter ce qui se donne. Leur statut est celui de constructions, non de référents rencontrés.

La confusion classique consiste à croire que cette position engage une ontologie implicite : soit une négation de l’existence du sujet, soit une affirmation d’un pur apparaître autosuffisant. L’empirisme radical refuse précisément ces deux lectures. Il ne remplace pas une métaphysique par une autre. Il ne conclut pas sur ce qui est « en soi ». Il suspend ce type de question pour revenir exclusivement à ce qui se donne effectivement, et à la manière dont des constructions conceptuelles s’y greffent.

En ce sens, il ne s’agit ni d’un idéalisme, ni d’un matérialisme, ni d’un dualisme, ni d’un monisme. Ces positions restent prises dans des affirmations sur ce qui est fondamentalement réel. L’empirisme radical, lui, ne parle pas d'un fondement du réel, il analyse ce qui est effectivement donné et la manière dont des interprétations sont ajoutées à ce donné.
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- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
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Re: L'empirisme radical : Contre les fictions métaphysiques

Ecrit le 21 mai26, 11:22

Message par ronronladouceur »

J'm'interroge a écrit : 21 mai26, 04:48 .
L’empirisme radical part d’un constat simple : dans ce qui se donne, rien ne se présente comme un sujet à qui quelque chose apparaîtrait. La structure « quelque chose apparaît à quelqu’un » n’est jamais rencontrée comme donnée immédiate. C'est une construction interprétative ajoutée à ce qui se présente, puis naturalisée par l’usage.
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J'm'interroge

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Re: L'empirisme radical : Contre les fictions métaphysiques

Ecrit le 22 mai26, 06:03

Message par J'm'interroge »

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Voici la démarche :


1. S’en tenir au concret, c’est-à-dire à ce qui se présente, tel que cela se présente, sans ajout purement spéculatif.

2. Ne rien affirmer qui ne réfère à rien d’identifiable dans ce qui se présente.

3. Ne rien postuler qui ne puisse s’y vérifier.

4. Reconnaître toute construction théorique pour ce qu’elle est : une construction langagière.

5. Reconnaître comme « creuse » ou « vide » toute construction ne répondant pas aux critères 2 ou 3.

6. Ne porter aucune considération ni n’accorder de valeur explicative à de telles constructions.

7. Les nommer « baratins ».

8. Face à un baratin insistant, demander à quoi il réfère concrètement et ce qui le distingue d’une simple interprétation.

9. Chercher à reconnaître ces constructions dans son propre discours.

10. Tendre vers un usage du langage sans termes ni constructions « creuses » ou « vides » ne correspondant à rien d’identifiable dans ce qui se présente.
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- Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas.
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