vic a écrit : 03 avr.26, 20:44
j'minterroge pose l'idée du néant comme n'existant pas , ou comme l'inverse de l'être , et ça reste une position contestable .
On pourrait tout autant répondre oui et non , "ni existant ni non existant ".
Non. Je ne pose pas l'idée du néant comme n'existant pas, c'est ce que j'en conclus d'après la définition commune. Et je ne pose ni ne définit le néant comme étant l'inverse de l'être.
Tu donnes une définition bien peu commune au terme "néant". Pour moi, ce terme signifie "un rien absolu". C'est comme ça qu'on définit habituellement ce terme, et c'est pourquoi je dis, me basant sur cette définition, que c'est un concept creux, incohérent et qui ne correspond à rien. Ce qui me permet d'ajouter qu'il n'existe rien de tel que ce que l'on nomme communément "néant".
Tu mélanges plusieurs choses, et à force de tout vouloir neutraliser, tu finis par dire… un peu n’importe quoi, justement.
Oui, la définition commune du mot "néant" est floue en ce qu'il est question d'un absolu, un autre concept bien flou et qui est lui-même creux. Mais ce flou ne t’autorise pas à lui faire dire tout et son contraire. Sinon, tu ne clarifies rien, tu dissolves juste les distinctions.
Quand tu poses : “néant = ni rien ni quelque chose”, tu crois sortir du problème, mais en réalité tu fabriques encore une formule creuse. Pourquoi ? Parce que “ni A ni non-A”, ça ne décrit rien de plus profond qu'une contradiction. Ça suspend juste la possibilité de dire quoi que ce soit de déterminé. Ce n’est pas une thèse sur le réel, c’est une neutralisation du langage.
Ensuite, tu fais un glissement constant : tu critiques les concepts (être / non-être), ok. Puis tu en tires des conclusions sur le réel (rien ne vient à l’être, rien ne périt, etc.) Mais si tu refuses les catégories, tu ne peux plus t’en servir pour conclure quoi que ce soit. Sinon, tu réintroduis exactement ce que tu prétends dépasser.
Sur le zéro, même problème. Dire : “le zéro est ni rien ni quelque chose” c’est faux en mathématiques. Le zéro est parfaitement défini : c’est un élément précis dans une structure formelle. Il a des propriétés exactes, il sert à compter, mesurer, calculer. Ce n’est pas une zone floue entre être et non-être. C’est au contraire un objet rigoureux.
Donc utiliser le zéro pour justifier une indétermination ontologique, c’est plaquer une confusion philosophique sur un outil qui, lui, est clair.
Même chose quand tu dis : “la logique formelle est ni existante ni non existante”. Là, tu vides complètement les mots de leur sens. La logique formelle : existe comme système symbolique, et applicable et a des règles définies.
Que ce soit “construit” ne la rend pas “ni existante ni non existante”. Sinon, tout devient indéterminé, car indéfini et plus rien ne distingue quoi que ce soit.
Sur le temps et l’action, tu fais le même mouvement. Tu dis : “rien ne se passe ou pas dans le temps”
puis : “on perçoit des phénomènes, des changements, des mouvements”. Donc en pratique : il y a des apparences de changement, mais tu refuses de dire qu’il “se passe” quelque chose.
C’est juste un refus de vocabulaire, pas une description différente.
Et ton point sur le Bouddha est partiellement juste, mais mal utilisé. Oui, il critique les vues “être” et “non-être”. Mais il ne dit pas : “il n’y a ni rien ni quelque chose” comme une thèse plate. Il pointe une erreur de saisie conceptuelle, pas une négation du donné. Toi, tu transformes ça en position globale, ce qui est exactement le genre de vue qu’il critiquait.
Au fond, ton schéma est toujours le même : tu refuses les oppositions (être / non-être), puis tu produis des formules comme “ni ceci ni cela”. Puis tu en tires des conclusions générales. Mais ces conclusions ne reposent sur rien de solide, parce que tu as vidé les termes de départ.
Et surtout, tu ne touches jamais le point central :
Tu peux dire :
- “ni être ni non-être”
- “ni actif ni inactif”
- “ni rien ni quelque chose”
Mais tu ne peux pas faire disparaître le fait qu’il y a des apparences.
Même toi, tu le dis :“on peut percevoir des phénomènes, des changements, des mouvements”. Donc au minimum : il y a de l’apparaître (au-moins des apparences). Et ça, toutes tes formules ne l’annulent pas. Elles ne font que refuser de le qualifier.
Donc au lieu d’empiler des “ni… ni…”, sois cohérent jusqu’au bout :
- soit tu décris quelque chose (et tu assumes des termes)
- soit tu suspends vraiment (et tu ne conclus rien).
Mais là, tu fais les deux en même temps. Et c’est exactement comme ça qu’on commence à dire n’importe quoi avec le langage.
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- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
- Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas.
Humilité !
- Toute expérience vécue résulte de choix. Et tout choix produit son lot d'expériences vécues.
Sagesse !