Il y a des touts mais pas un grand Tout qui engloberait tout.

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pauline.px

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Re: Il y a des touts mais pas un grand Tout qui engloberait tout.

Ecrit le 25 janv.26, 22:50

Message par pauline.px »

Bonjour à toute et à tous,
auparavant pp a écrit : pmJe note qu’au niveau 2 il semble que pour vous tout existe et que le taxon "possible" n’a pas de pertinence.
Je précise que le "tout" dont je parle n’est pas le "grand tout" mais seulement "tout ce qui se présente au niveau 2" ou bien "tout ce que le niveau 2 présente".
Autrement dit, j’ai le sentiment qu’à ce niveau du vécu il n’y a aucune catégorisation possible de ce qui "apparaît".
J'm'interroge a écrit : 09 janv.26, 15:16 Non. Tout n'est pas possible à ce niveau. Exemple : une représentation mentale d'un cercle carré ou celle du concept de triangle qui est par nature générale et est une compréhension.
Dans mon esprit, le niveau 2 étant dépourvu de langage car il est antérieur au processus sémantique d'identification, il est par conséquent difficile d’y trouver des représentations de formules langagières ou de concepts génériques comme la couleur verte ou la littérature.

Néanmoins, si on visualise par l’imagination 4 points sur l’équateur de longitudes 0°, 90°, 180° et 270° on peut ainsi se figurer un quadrilatère sphérique stable par rotation de pi/2 superposable à un cercle; i.e. un carré… sans le nommer de quelque façon que ce soit.

Inversement, si l'on dit "imagine un triangle" à quelqu'un je parie qu'il se dessine mentalement une représentation.
auparavant pp a écrit :Au vaste niveau des concepts, tout est possible et tout existe, je peux citer les "rayons N" ou l’ "éther" de la physique pré-einsteinienne ou aujourd’hui le "syndrome d’aliénation parentale".
J'm'interroge a écrit :Tout concept creux ou consistant y sont possibles, mais cela n'implique en rien que tout y soit possible ou que tout y existe.
Je ne crois pas que les "rayons N", l’ "éther" ou le "syndrome d’aliénation parentale" soient des concepts creux. Sauf à s'entendre sur le prédicat "creux"...
J'm'interroge a écrit :Au niveau des prédicats, c'est-à-dire au niveau des énoncés qui ont une signification, seuls ceux qui sont possibles (formulables) y existent.
Quelle est votre limite du formulable ?
J'm'interroge a écrit : Un énoncé est « vrai » (ou mieux : valide, compatible) lorsqu’il est non contredit par le réseau pertinent. Il décrit alors un possible-existant dans ce réseau.
- Un énoncé est « faux » (ou invalidé) lorsqu’il est contredit par le réseau pertinent. Il décrit alors un impossible-inexistant dans ce réseau.
La théorie consensuelle du Big Bang présente malheureusement des incompatibilités avec le réseau existant qui alimentent les efforts des astrophysiciens pour trouver des alternatives mieux compatibles.
Quel rapport au « vrai/faux » ces cosmogonies envisagées entretiennent-elles ?
J'm'interroge a écrit : En résumé :
Ce système ne rend pas « triviaux » le possible et l’impossible.
Sans doute, mais j’ai l’impression que ces deux catégories ne concernent que des trivialités tant que l’évaluation du « vrai/faux » reste en suspens.

Très cordialement
Votre sœur pauline

J'm'interroge

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Re: Il y a des touts mais pas un grand Tout qui engloberait tout.

Ecrit le 26 janv.26, 12:23

Message par J'm'interroge »

.
@ pauline.px,


Je vais reprendre les points dans l’ordre, car plusieurs glissements persistent.


1. Sur le niveau 2 et l’idée que « tout y existe » :

Dire que tout ce qui apparaît (niveau 2) existe en tant que vécu ne signifie pas que tout y serait possible parmi ce que l’on pourrait supposer l'être.

Le possible n’est pas une catégorie interne brute du vécu, ce qui n’empêche en rien une catégorisation différentielle de ce qui apparaît (niveau 2) dès qu’on distingue des types de vécus.

Exemples simples :

- Une perception sensorielle n’est pas une représentation mentale.
- Une représentation appartenant à l’imaginaire cadre n’est pas une représentation comme celles qui sont induites volontairement.
- Une perception sensorielle visuelle n’est pas une perception sensorielle tactile.
- Un affect n’est ni une perception sensorielle ni une représentation mentale.

Et relativement à ton commentaire sur le « cercle carré » :

Une représentation mentale d’un cercle carré n’existe pas : on peut juxtaposer des traits, pas se donner une figure stable satisfaisant simultanément les deux contraintes. Il y a donc déjà, au niveau 2, des impossibilités, indépendantes de la nomination et de la puissance de suggestion des mots.

Avec ton exemple du « carré dans un cercle », tu modifies implicitement les contraintes. Ce n’est donc pas un « cercle carré », mais un autre objet. Un « cercle dans un carré » ne pose aucun problème. C’est un possible de niveau 2.

Sur la visualisation d’un triangle :

Visualiser un triangle, c’est s’en représenter une notion singulière, propre à soi. Il ne s’agit pas d’une représentation du concept de triangle — ce qui est impossible — mais d’une représentation mentale relative à ce concept.

Un concept, ça ne se représente pas, c’est quelque chose qui se comprend ou non, même si cela passe par des notions.

Un concept n’est pas une notion.


2. Sur « au niveau des concepts tout est possible » :

Non. Tout ce qui est formulable syntaxiquement n’est pas conceptuellement possible. Pour que ça le soit, il faudrait qu’il soit question de définitions sensées dans un réseau pertinent.

Quant aux concepts cohérents, il s’agit de définitions explicites et spécifiques, non auto-contradictoires, qui ne mènent à aucune contradiction et qui possèdent une pertinence dialectique.

Les rayons N, l’éther ou le SAP sont bien des concepts existants (niveau 3), mais leur consistance dépend du réseau pertinent :
- Certains sont devenus incompatibles avec le réseau des connaissances empiriques.
- D’autres restent controversés.
- Aucun n’est « impossible par principe ».
- Certains sont simplement creux.

Dire qu’un concept est « creux » ne signifie pas qu’il n’existe pas — ni donc qu’il serait impossible — mais qu’il ne répond pas aux critères que j’ai donnés*, ceux définissant un concept cohérent, et donc qu’il n’accroche aucun réseau de contraintes stabilisées.
(*Note : voir ce que j'ai souligné juste un peu plus haut.)

Là encore, possible ≠ arbitraire.


3. Sur la limite du formulable :

La limite du formulable n’est ni psychologique ni sociale, elle est logique et sémantique :

- Un énoncé est formulable s’il respecte des règles minimales de signification.
- Il est possible s’il n’est pas contradictoire dans un réseau donné.
- Il est valide s’il résiste aux contraintes pertinentes de ce réseau.

Un énoncé grammaticalement correct peut être sémantiquement vide ou logiquement contradictoire.


4. Sur le vrai/faux et le Big Bang :

Il y a ici une confusion classique.

Les cosmogonies alternatives ne sont ni « vraies » ni « fausses » absolument :
- elles sont des possibles hypothétiques tant qu’elles ne sont pas invalidées,
- certaines deviennent incompatibles avec des observations nouvelles,
- d’autres restent sous-déterminées...

Le vrai/faux n’est jamais binaire hors réseau. Il est relatif à un ensemble de contraintes explicites. Cela ne rend pas le critère trivial, mais opératoire.


5. Sur l’accusation de trivialité :

Le possible et l’impossible ne sont triviaux que si l’on suspend toute contrainte.

Or mon propos consiste précisément à dire :

- Le possible n’est jamais donné a priori.
- Il est toujours construit par compatibilité.
- Et l’impossible est tout sauf évident, puisqu’il exige l’explicitation des contraintes.

Si tout te paraît trivial, c’est peut-être parce que tu places l’évaluation après la stabilisation des réseaux, là où le travail conceptuel, lui, se fait avant.

Ce que je veux dire par là, c’est ceci :

Une fois qu’un réseau de contraintes est stabilisé (théorie admise, cadre conceptuel partagé, évidences acquises), le possible et l’impossible paraissent évidents, donc triviaux. Mais cette évidence est rétrospective.

Le travail conceptuel, lui, intervient avant cette stabilisation : là où il faut encore déterminer quelles contraintes sont pertinentes, lesquelles sont compatibles entre elles, et ce qui doit être exclu.

Autrement dit, le possible n’est trivial qu’après coup. Avant cela, il est précisément ce qui est en jeu, disputé, construit et testé.


En résumé :

Ce cadre ne réduit pas le possible à une évidence, et ce qu’il exclut avant tout, ce n’est pas la complexité — c’est le flou.
.
- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
- Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas.
Humilité !
- Toute expérience vécue résulte de choix. Et tout choix produit son lot d'expériences vécues.
Sagesse !

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