a écrit :Ronron la douceur a dit : Et qui sait ce qu'on pourrait découvrir ou dire sur le sens de l'indicible...
L'effet produit de la méditation ou de la prière est indicible , mais ce qui le produit n'est plus indicible .
La science sait ce qui le produit et comment ça se produit .
C'est cela qui est nouveau .
Et on sait que ça n'est pas un dieu ou l'effet dieu qui le produit .
a écrit :Ronron la douceur a dit : Jusqu'ici avec toi, le mystère s'est donné un peu plus à voir sans qu'il perde de son mystère... C'est ça le merveilleux de l'histoire... Mystère donc Merveilleux et Joyeux!
Moi je n'appelle pas ça un mystère .
Dans le Bouddhisme ancien , il n'y a pas de mystère dans le processus méditatif .
L'indicible n'a rien d'un mystère .
Il est simplement le résultat de la mise en suspension interprétative d'une situation donnée .
Si tu suspends l'interprétation , tu suspends le sens ou la valeur qu'une chose a pour toi .
C'est la fameuse vacuité des phénomènes .
Si l'expérience brute est indicible, ce n'est pas parce qu'elle serait un « grand mystère » ineffable, mais simplement parce que les mots sont des outils d'interprétation et de conceptualisation.
Dire qu'un phénomène est vide, ce n'est pas dire qu'il n'existe pas, mais qu'il est vide d'essence propre et de valeur intrinsèque.
Une chose n'est pas « désirable » ou « redoutable » en soi ; elle le devient uniquement par le prisme de notre interprétation conditionnée.
En suspendant le sens ou la valeur que nous projetons sur elle, le phénomène perd sa charge d'attraction ou d'aversion. La réalité redevient ce qu'elle est : simple déploiement de phénomènes interdépendants, sans sujet pour s'en emparer ni objet pour s'y accrocher.
a écrit :Ronron la douceur a dit : Mystère donc Merveilleux et Joyeux!
Je ne vois pas en quoi le mystère ou l'indicible seraient merveilleux , joyeux ou pas . Tu te fais encore des trips sur la question .
a écrit :Ronron la douceur a dit : Ça montre simplement à quel moment toi, tu t'es arrêté, et donc où tu en es...
Non , on sait parfaitement comprendre le phénomène , et la science n'a fait que confirmer ce que les bouddhistes savaient déjà et qu'on trouve dans les enseignements depuis les textes les plus anciens . C'est du reste pour cette raison que la croyance en un dieu créateur suprême n'a pas été retenue dans la pratique bouddhiste . Pourtant Bouddha a réçu au départ des enseignements par des Brahmanes qui introduisaient cette idée de dieux à prier , mais il n'a pas été convaincu par leur enseignement .Il a bien compris qu'il obtenait le même phénomène en utilisant d'autres objets avec le même résultat , et que ça n'était pas le support qui était miraculeux.
Bouddha avait compris que si l'on focalise l'esprit sur n'importe quel objet (qu'il s'agisse d'une divinité, d'un disque de couleur ou de la respiration), l'esprit est capable de générer des états de concentration puissants. Le support n'est qu'un outil de calibration de l'esprit, pas une preuve de l'existence d'une entité divine. Ce n'est pas le dieu qui agit, c'est la plasticité et la concentration de l'esprit qui produisent un effet mesurable sur la conscience.
Le Bouddha n'a donc pas rejeté le divin par simple rébellion antireligieuse, mais par rigueur expérimentale : si l'on comprendre la souffrance et s'en libérer par la simple observation des lois de la nature et de la causalité, alors l'idée d'un dieu créateur devient une fiction inutile qui ne résout rien aux mécanismes de l'esprit.