Page 1 sur 4

L’esclavage qui défricha l’Afrique

Posté : 16 juil.17, 00:43
par Citizenkan
L’esclavage qui défricha l’Afrique
(Partie 1)

Huxley a dit (dans une interview de 1958) à propos des dictatures modernes à venir : « Ce type de dictature du futur sera très différent des dictatures que nous avons pu connaître dans le passé [...] si vous voulez préserver votre pouvoir indéfiniment, vous devez obtenir le consentement des gouvernés, et ils le feront en partie aves des drogues, comme je le prévoyais dans "Brave New World", en partie par ces nouvelles techniques de propagande. Ils vont le faire en contournant l’aspect rationnel de l’homme en faisant appel à son inconscient et à ses émotions les plus profondes, ainsi qu’à sa physiologie même, et ainsi lui faire réellement aimer son esclavage. »

Tout ce que Dieu fait est excellent, parfait.
Genèse 1:31

car la loi de Dieu ne change pas.
Malachie. 3:6

Paul, 2 Timothée 4 : « Tout ce que Dieu a crée est bon, et rien n'est à exclure pour ceux qui croient et reconnaissent la vérité ».

Jésus-Christ est venu accomplir et non pour abolir les lois et les prophètes ! (Mt 5 : 17).

Matthieu 5.17. Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes. Je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.
18 En vérité je vous le dis, jusqu’à ce que le ciel et la terre passent, pas un seul iota, pas un seul trait de lettre de la loi ne passera, jusqu’à ce que tout soit arrivé.
19 Celui donc qui violera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux, mais celui qui les mettra en pratique et les enseignera, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.
20 Car je vous le dis, si votre justice n’est pas supérieure à celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux.

Jean1-1 Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu.1:2 Elle était au commencement avec Dieu. 1:3 Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle.

Donc, selon l'auteur de ces lignes bibliques, la parole qu'est Jésus a faite TOUT ce que Dieu a fait.
Voir : http://islampaix.blog4ever.xyz/la-divin ... plications
L’esclavage dans la Bible

(Ephésiens, 6:5) : "Esclaves, obéissez à vos maitres ici-bas avec crainte et tremblements, en simplicité de cœur comme au Christ, non d'une obéissance tout extérieure qui cherche à plaire aux hommes, mais comme des esclaves du Christ, qui font de leur âme la volonté de Christ."

Voir : http://islampaix.blog4ever.xyz/l-esclav ... s-la-bible


Frapper les esclaves sans les tuer est permis



Exode 21.20 Si un homme frappe du bâton son esclave, homme ou femme, et que l'esclave meure sous sa main, le maître sera puni. 21 Mais s'il survit un jour ou deux, le maître ne sera point puni ; car c'est son argent.



Proverbes 29.19 Ce n'est pas par des paroles qu'on châtie un esclave ; Même s'il comprend, il n'obéit pas.



Sirach 42 (Crampon)

1 Ne rougis pas de ces choses-ci, et n'aie pas égard aux personnes pour commettre le péché :

2 de la loi du Très-Haut et de son alliance de la sentence qui justifie l'impie,

3 de t'entretenir avec des compagnons et des passants, de donner quelque bien à tes amis,

4 d'user de balances justes et de justes poids, d'acquérir beaucoup ou peu,

5 de ne pas faire de différence dans la vente et avec les marchands, de corriger sévèrement tes enfants, et de frapper jusqu'au sang le dos d'un méchant esclave.



Lorsque l'esclave est frappé, s'il perd autre chose que son œil ou sa dent, il ne sera pas affranchit :



Exode 21

26 Si un homme frappe l'œil de son esclave, homme ou femme, et qu'il lui fasse perdre l'œil, il le mettra en liberté, pour prix de son œil.

27 Et s'il fait tomber une dent à son esclave, homme ou femme, il le mettra en liberté, pour prix de sa dent.



Proverbes 19:10

Il ne sied pas à un insensé de vivre dans les délices ; Combien moins à un esclave de dominer sur des princes !



La définition de l’esclave selon le dictionnaire Évolutif :



Homme qui est sous la puissance absolue d'un maître

#Le 25:42. Il existait en Israël 2 types d'esclaves :

(1) Ceux qui avaient été fait prisonniers lors d'une guerre ou qui avaient été achetés à l'étranger ; ils ne recouvraient pas la liberté, car ils étaient esclaves de père en fils.

Un exemple remarquable est celui des Gabaonites, #Jos 9:27.

Dictionnaire Biblique Evolutif Vers.2, esclave

Saint Augustin établit :



Un homme qui ôte un fonds de terre à celui qui l'a acheté, pour le donner à celui qui n'y a point de droit, est injuste ; et un homme qui se soustrait soi-même à Dieu, son souverain Seigneur et Créateur, pour servir les malins esprits, serait juste !

Dans cette même République, on soutient fortement le parti de la justice contre l'injustice ; et, comme en parlant d'abord pour l'injustice, on avait dit que sans elle une république ne pouvait ni croître ni s'établir, puisqu'il est injuste que des hommes soient assujettis à d'autres hommes, on répond, au nom de la justice, que cela est juste, parce que la servitude est avantageuse à ceux qui la subissent (quand les autres n'en abusent pas), en ce qu'elle leur ôte la puissance de mal faire. Pour appuyer cette raison, on ajoute que la nature même nous en fournit tin bel exemple: « Car pourquoi, dit-on, Dieu commande-t-il à l'homme, l'âme au corps, et la raison aux passions ? » Cet exemple fait voir assez que la servitude est utile à quelques-uns, mais que servir Dieu est utile à tous.



La cité de Dieu, LIVRE DIX-NEUVIEME : LE SOUVERAIN BIEN. CHAPITRE XXI. D'APRES LES DEFIN1TIONS ADMISES DANS LA « REPUBLIQUE » DE CICERON, IL N'Y A JAMAIS EU DE REPUBLIQUE PARMI LES ROMAINS.



Thomas d'Aquin entérine :

Pour la même raison on trouve un ordre entre les hommes. Les mieux dotés du point de vue intellectuel dominent naturellement les autres ; ceux qui sont plus démunis sur ce plan, mais plus robustes corporellement, semblent préparés par la nature à servir, comme le dit Aristote dans sa Politique avec qui s'accorde cette sentence de Salomon : « L'insensé est esclave de l'homme sage ». Il est dit pareillement dans l'Exode : « Choisis parmi tout le peuple des hommes sages et craignant Dieu pour juger le peuple en tout temps ». 

LA SOMME CONTRE LES GENTILS SAINT THOMAS D'AQUIN, DOCTEUR DES DOCTEURS DE L'EGLISE, LIVRE TROISIEME: LA MORALE, LE GOUVERNEMENT DES CREATURES VERS LEUR FIN, LA PROVIDENCE, 81: DE L'ORDRE DES HOMMES ENTRE EUX ET AVEC LES AUTRES ETRES.



Martin Luther fustige l’allégation selon laquelle Jésus a abolie l'esclavage :



Au sujet de l'article 3.



"Il ne doit plus y avoir de serfs, parce que le Christ nous a tous libérés".



Qu'est-ce que cela ? Cela signifie réduire la liberté du chrétien à n'être que charnelle. Abraham et d'autres patriarches et prophètes n'ont-ils pas eu des serfs, eux aussi ? Lisez ce que saint Paul enseigne au sujet des valets, qui, à cette époque, étaient tous des serfs. - C'est pourquoi CET ARTICLE EST DIRECTEMENT CONTRAIRE A L'EVANGILE ; c'est pourquoi il est un vol par lequel tout un chacun prend à son maître le corps qui est devenu la propriété de ce dernier. Car un serf peut fort bien être chrétien et jouir de la liberté du chrétien, de même qu'un prisonnier ou un malade sont des chrétiens tout en n'étant pas libres. Cet article prétend rendre tous les hommes égaux et transformer le royaume spirituel du Christ en un royaume temporel, mondain et extérieur, ce qui est chose impossible. Car le royaume du monde ne peut exister sans l'inégalité entre les personnes, les unes étant libres, les autres captives, les unes des maîtres, les autres des sujets, etc. Ainsi que dit saint Paul, Galates 5 : ''En Christ, il n'est pas de différence entre maître et esclave". Mon ami Messire Urban Regius à écrit beaucoup et fort bien sur ce sujet. Vous pouvez vous y reporter.

Luther et les problèmes de l'autorité civile, Exhortation à la paix, page 229-231.



Les évocations de l’esclavage sont peu nombreuses dans l’œuvre d’Ambroise. Celles que l’on relève ne condamnent jamais en termes politiques l’institution en tant que telle. Certes, Ambroise rappelle que l’homme libre et l’esclave sont tous un dans le Christ (Exh. uirginit. 3), que le maître doit voir dans son serviteur un consors naturae, « celui qui possède la nature conjointement avec lui » (Epist. extra coll. 14 [Maur. 63], 112). Mais cela n’entraîne aucune remise en cause de l’ordre social contemporain. Le goût rhétorique du paradoxe amène même Ambroise à affirmer que la condition d’esclave est préférable à celle de l’homme qui se croit libre alors qu’il est esclave de ses passions (Cain II, 2, 9 ) ou à la condition d’épouse sous le joug du mariage (Virg. I, 5 6 ).[1] Ambroise recommande aux maîtres l’indulgence (Exc. Sat. I, 41 ; En. ps. XXXVIII, 9 ) et aux esclaves la constance et l’espoir (Ios. 4,21 ).

Voir : http://books.openedition.org/pur/3496?lang=fr#bodyftn15

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

[1] Le dictionnaire de Westphal dit :
Aussi loin qu'on remonte dans le passé d'Israël, la femme y tient une position d'esclave ; elle est la propriété, la chose de son mari ; la monogamie est exceptionnelle et tardive. Le mari a acquis ses femmes par enlèvement à la guerre {#Jug 5:30,de 21:10-14} ou par achat {#Ge 24:16,ex 22:16,de 22:29}. [...] Dans bien des cas, l'homme considérait sa femme comme une propriété qu'il avait acquise, soit par la force, et ce sera le mariage par rapt {#Jug 21:21,de 20:14,1Ro 20:3}, soit en l'achetant pour une somme versée aux parents de la future épouse, et c'est le type normal du mariage chez les Israélites comme il l'est déjà dans le Code de Hammourabi, et encore aujourd'hui chez les fellahs en Égypte.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible-Westphal, femme.
Voir pour le statut de la femme dans le Nouveau Testament : http://saintebible.com/ephesians/5-23.htm

Re: L’esclavage qui défricha l’Afrique

Posté : 16 juil.17, 01:02
par Seleucide
Citizenkan a écrit :Donc, selon l'auteur de ces lignes bibliques, la parole qu'est Jésus a faite TOUT ce que Dieu a fait.
Tu confonds Jésus en tant qu'incarnation du Verbe, historiquement situé, et le Verbe en lui-même.

Jésus est l’incarnation du Fils, c’est-à-dire de la deuxième personne de la Trinité. Il faut distinguer Jésus du Fils. Jésus n’est que la manifestation du Fils, son incarnation humaine, située précisément dans le temps et l’espace (en Palestine, au premier siècle etc). Le Verbe a ainsi existé avant Jésus et l'on ne saurait attribuer à ce dernier le mérite de la création sans faire de grossier anachronisme. C'est le Verbe, la Parole en tant qu'hypostase éternelle et divine qui fait ce que le Père fait.
Citizenkan a écrit :L’esclavage dans la Bible
Encore une fois, tu critiques ta propre conception de la Bible, pas celle des chrétiens.

Pour être plus exact, tu calques la vision islamique du livre et de la révélation à la Bible. Ce faisant, on ne peut évidemment qu'arriver à des absurdités.

Re: L’esclavage qui défricha l’Afrique

Posté : 16 juil.17, 01:04
par yacoub
Allah Puisant et Sage n'a jamais dans Son Livre Saint interdit l'esclavage.

or interdire ce qu'Allah permet est presque aussi pernicieux que d'autoriser ce qu'Allah interdit.

Il est donc 100% halal de permettre l'esclavage qui a été interdit sous la pression du vil Occident chrétien.

Cet esclavage ne doit pas se fonder sur la couleur de la peau ce qui est raciste mais sur la religion.

Les musulmans égyptiens nous montrent la voie:
Ghadwa Aïdouna Al nsara klebna

Re: L’esclavage qui défricha l’Afrique

Posté : 16 juil.17, 01:27
par Citizenkan
Seleucide a écrit : Encore une fois, tu critiques ta propre conception de la Bible, pas celle des chrétiens.

Pour être plus exact, tu calques la vision islamique du livre et de la révélation à la Bible. Ce faisant, on ne peut évidemment qu'arriver à des absurdités.

Désolé, si les trinitaires s'enferment dans des pièges imparables, je me plie aux implications de leur discours, quoi que...

Ensuite, ma vision islamique prend ses origines chez Saint Augustin, Thomas d'Aquin, Martin Luther, Ambroise, etc.

Re: L’esclavage qui défricha l’Afrique

Posté : 16 juil.17, 01:44
par yacoub

Re: L’esclavage qui défricha l’Afrique

Posté : 16 juil.17, 01:45
par Seleucide
Citizenkan a écrit :Désolé, si les trinitaires s'enferment dans des pièges imparables
C'est un peu osé pour quelqu'un qui vient de démontrer qu'il ignore la théologie trinitaire chrétienne...

Quel piège, exactement ?
Citizenkan a écrit :Ensuite, ma vision islamique prend ses origines chez Saint Augustin, Thomas d'Aquin, Martin Luther, Ambroise, etc.
Et où est-ce que ces visions de saint Augustin, de Thomas d'Aquin ou de Martin Luther prennent leur origine ? Dans l'aristotélisme pour les uns, dans le contexte social immédiat pour les autres. Pour savoir cela, il faut étudier l'histoire de la philosophie et celle de l'Église, ce que tu n'as jamais fait. Il est partant tout-à-fait normal que tu arrives à des inepties, puisque tu parles (ou plutôt tu cites, ce qui est moins intelligent encore) de sujets que tu ignores.

Concernant la Bible, si tu souhaites maintenant critiquer ta propre conception islamique de celle-ci, grand bien t'en fasse. Cela demeure cependant absolument sans aucune pertinence dans un forum de discussion inter-religieux, encore moins lorsque tu prétends tenir grief aux chrétiens de ta propre compréhension de la Bible qui se révèle être aux antipodes de la conception chrétienne...

Re: L’esclavage qui défricha l’Afrique

Posté : 16 juil.17, 01:52
par yacoub

Re: L’esclavage qui défricha l’Afrique

Posté : 16 juil.17, 02:44
par Etoiles Célestes
Citizenkan a écrit :Désolé, si les trinitaires s'enferment dans des pièges imparables
Lesquels par exemple?

Re: L’esclavage qui défricha l’Afrique

Posté : 16 juil.17, 02:50
par Athanase
Ensuite, ma vision islamique prend ses origines chez Saint Augustin, Thomas d'Aquin, Martin Luther, Ambroise, etc.
Il est très difficile de discuter avec quelqu'un qui a 2 ou 3 métros de retard....

Re: L’esclavage qui défricha l’Afrique

Posté : 16 juil.17, 04:57
par Citizenkan
Etoiles Célestes a écrit : Lesquels par exemple?

Celui-là, par exemple, via Myriam :

la Parole incréée, pour les chrétiens, ce n’est pas un livre, c’est le Christ : "Au commencement était le Verbe (c'est à dire la Parole), et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.[..] Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous"(Jean 1, 1-14)

https://forum-religion.org/islamo-ch ... 63-30.html

Re: L’esclavage qui défricha l’Afrique

Posté : 16 juil.17, 05:47
par Seleucide
Citizenkan a écrit :la Parole incréée, pour les chrétiens, ce n’est pas un livre, c’est le Christ : "Au commencement était le Verbe (c'est à dire la Parole), et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.[..] Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous"(Jean 1, 1-14)
Où est la difficulté ?

Re: L’esclavage qui défricha l’Afrique

Posté : 16 juil.17, 06:54
par prisca
L'auteur de ce sujet devrait savoir que la méthode du dénigrement pour se hisser n'est pas la bonne.

Surtout lorsque ceux qui dénigrent font parler d'eux à la télévision pour des méfaits d'une extrême gravité.

Alors la meilleure méthode est de dénoncer les fauteurs de trouble, ça donnera de la consistance au débat, et ensuite donner des lettres de noblesse au Coran qui en manque cruellement, et enfin avoir un comportement paisible et surtout combattre les transgresseurs en Islam.

Ce n'est pas difficile, il suffit du bon vouloir.

Re: L’esclavage qui défricha l’Afrique

Posté : 16 juil.17, 22:46
par Etoiles Célestes
Citizenkan a écrit :Celui-là, par exemple, via Myriam :

la Parole incréée, pour les chrétiens, ce n’est pas un livre, c’est le Christ : "Au commencement était le Verbe (c'est à dire la Parole), et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.[..] Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous"(Jean 1, 1-14)
Et? Il est où le piège?

Re: L’esclavage qui défricha l’Afrique

Posté : 16 juil.17, 23:33
par Citizenkan
L’esclavage qui défricha l’Afrique
(Partie 2)

Les clichés battus en brèche

Dans La Civilisation des Arabes (1884), l’anthropologue français Gustave Le Bon (1841-1931), passe en revue un sujet qui fait couler beaucoup d’encres, et qui pourrait faire rougir plus d’un détracteur de l’Islam, voire malheureusement, certains musulmans. S’il dénote que l’arrogance européenne était encore ancrée dans les milieux intellectuels du 19ème siècle, il relativise avec rage les idées-reçues que se plaisent certains chercheurs à véhiculer, sur le dos de la tête de turc favorite, en ces temps qui courent, le musulman. Rien de mieux pour laver sa conscience et faire ainsi une pierre deux coups. Sous le chapitre L'esclavage en Orient, il explique sans n’y aller par quatre chemins :

Le mot d'esclavage évoque immédiatement dans l'esprit d'un Européen, lecteur des romans américains d'il y a trente ans, l'image de malheureux chargés de chaînes, menés à coups de fouet, à peine nourris et n'ayant pour demeure qu'un sombre cachot.

Je n'ai pas à rechercher ici si ce tableau de l'esclavage, tel qu'il existait chez les Anglais de l'Amérique il y a quelques années, est bien exact, et s'il est vraisemblable qu'un propriétaire d'esclaves ait jamais songé à maltraiter et par conséquent à détériorer une marchandise aussi coûteuse que l'était alors un nègre. Ce qui est au moins certain, c'est que l'esclavage chez les mahométans est fort différent de ce qu'il était chez les chrétiens. La situation des esclaves en Orient est bien préférable en effet à celle des domestiques en Europe. Ils font partie de la famille, arrivent parfois, comme nous l'avons vu précédemment, à épouser une des filles de leur maître et peuvent s'élever aux plus hauts emplois. Aucune idée humiliante ne s'attache en Orient à l'esclavage, et on a dit avec raison que l'esclave y est plus près de son maître qu'un domestique chez nous.

      « L'esclavage, dit M. About, est si peu méprisé en pays musulman, que les sultans de Constantinople, chefs sacrés de l'islam, naissent tous de femmes esclaves, et n'en sont pas moins fiers, il s'en faut. Les mameluks, qui ont longtemps régné en Égypte, continuaient leurs familles en achetant les enfants du Caucase, qu'ils adoptaient à leur majorité. Souvent encore un grand seigneur égyptien, instruit et développe un enfant esclave qu'il marie ensuite à sa fille et substitue à tous ses droits ; et on rencontre au Caire des ministres, des généraux, des magistrats de l'ordre le plus élevé qui ont valu mille à quinze cents francs dans leur première jeunesse. »

Tous les voyageurs, qui ont eu occasion d'étudier sérieusement l'esclavage en Orient, ont dû reconnaître à quel point étaient peu fondées les réclamations aussi bruyantes que peu désintéressées des Européens contre cette institution. La meilleure preuve qu'on puisse alléguer en sa faveur, c'est qu'en Égypte les esclaves qui veulent leur liberté peuvent l'obtenir par une simple déclaration faite devant un juge, et cependant n'usent presque jamais de ce droit. « Nous ne pouvons dissimuler, ajoute M. Ebers après avoir fait la même remarque, que le sort de l'esclave chez les peuples attachés à l'islam doit être qualifié de relativement agréable. »
Je pourrais multiplier facilement des citations identiques ; je me bornerai à mentionner l'impression produite par l'esclavage en Orient sur les auteurs qui ont eu occasion de l'observer récemment en Égypte.

      « L'esclavage en Égypte est une chose si douce, si naturelle, si utile et si féconde, dit M. Charmes, que sa disparition complète y serait un vrai malheur. Le jour où les peuplades sauvages de l'Afrique centrale ne pourront plus vendre les captifs qu'elles font à la guerre, ne voulant pas les nourrir gratuitement, il est clair qu'elles s'en nourriront : elles les mangeront, or, si l'esclavage est une plaie hideuse, qui fait honte à l'humanité, elle paraît bien préférable à l'anthropophagie, du moins lorsqu'on se place au point de vue des mangés ; car il est certainement des philanthropes anglais qui trouvent plus conforme à la dignité humaine que les noirs soient avalés par leurs semblables que soumis à un joug étranger. »

      « Aujourd'hui, la liberté accordée aux esclaves, écrit M. de Vaujany, directeur de l'école des langues du Caire, leur permet de vivre à leur guise sans être inquiétés ; cependant très peu profitent de ce privilège ; ils préfèrent leur état de servitude exempte de toute oppression, à l'insécurité d'une situation qui souvent ne serait pour eux qu'une source de peines et d'embarras.

Loin d'être malheureuse, la condition des esclaves en Égypte les élève presque toujours au-dessus de celle d'où ils ont été tirés. Beaucoup d'entre eux, les blancs principalement, sont arrivés aux postes les plus éminents. Un enfant né d'une esclave est l'égal d'un enfant légitime, et s'il est l'aîné de la famille, il a droit à toutes les prérogatives attachées à son rang. Cette fameuse milice des mamelouks, qui a si longtemps gouverné l'Égypte, ne se recrutait que parmi les esclaves. Ali bey, Ibrahim bey, le farouche Mourad bey, défait à la bataille des Pyramides, avaient été achetés dans les bazars. Aujourd'hui encore, il n'est pas rare de rencontrer un officier supérieur ou un fonctionnaire de haut rang, qui a été esclave dans sa jeunesse, on en voit même, devenus fils adoptifs, ayant reçu une éducation soignée, épouser la fille de leur maître. »

Ce n'est pas en Égypte seulement que les esclaves sont traités avec la plus grande douceur ; il en est de même dans tous les pays soumis à la loi de l'islam. Dans la relation de son voyage au Nedjed, une Anglaise, lady Blunt, relatant une de ses conversations avec un Arabe, écrit les lignes suivantes :

« Une chose qu'il ne pouvait pas comprendre de la part du gouvernement britannique, c'est qu'il eût quelque intérêt à entraver partout le commerce d'esclaves. Nous lui dîmes que c'était dans l'intérêt de l'humanité. « Mais, répondit-il, ce commerce n'a rien de commun avec la cruauté. » Il insista : « Qui a jamais vu maltraiter un nègre ? » Nous n'aurions pu dire, en effet, que nous l'avions vu faire quelque part en Arabie, et, de fait, ajoute l'auteur anglais, il est notoire que parmi les Arabes, les esclaves sont des enfants gâtés plutôt que des serviteurs. »

Rien sans doute n'est plus condamnable en principe que l'esclavage, mais les principes artificiels créés par les hommes ne jouent qu'un rôle bien faible dans la marche des choses. En ne se plaçant même qu'au point de vue du nègre, il est clair que pour une créature aussi inférieure, l'esclavage est chose excellente. Rien ne peut valoir pour ces natures enfantines, faibles et imprévoyantes, un maître que son intérêt oblige à prévoir tous leurs besoins. Nous en voyons la preuve dans la triste décadence où sont tombés la plupart des anciens esclaves de l'Amérique devenus libres après la guerre de sécession, et n'ayant plus qu'à compter sur eux-mêmes.

Quant à détruire la traite des nègres, comme prétendent le faire les Anglais, il faudrait, pour réussir dans cette tentative, empêcher la demande des esclaves, c'est-à-dire transformer entièrement les mœurs de tout l'Orient, et, du même coup, modifier quelque peu le reste du monde. Jusque-là, l'intervention hypocrite des Européens dans des affaires qui les intéressent en réalité fort peu sera entièrement inutile et n'aura d'autre résultat que de les faire détester davantage des Orientaux.

      « Les expéditions contre les négriers du Soudan, dont on a fait grand bruit, n'ont été en réalité, dit un Anglais J. Cooper, dans son récent ouvrage sur la traite en Afrique, que des razzias ajoutant des massacres à des massacres. On a détruit quelques postes de chasseurs d'esclaves, bien vite rétablis sans doute après la retraite de l'expédition ; mais, en somme, cette énorme dépense d'argent et de sang humain a peu servi, et jamais des tentatives de ce genre n'ont entravé la traite. »

Les Européens, qui interviennent en Orient pour empêcher par la force le commerce des esclaves, sont assurément des philanthropes vertueux animés des intentions les plus pures ; mais les Orientaux ne sont pas du tout persuadés de la pureté de ces intentions, et font remarquer que ces mêmes philanthropes vertueux, si tendres pour les noirs, forcent à coups de canon les Chinois à subir des importations d'opium, qui font périr plus d'hommes en une année que la traite des nègres n'en détruit dans une période dix fois plus longue.

… Rotta cite une région de l'Yémen où la population est devenue presque noire, alors que dans les montagnes, la même population, peu mélangée, est restée blanche. Parlant de la famille d'un des cheiks de la contrée, il dit que parmi ses enfants « il y en avait de toutes les teintes, depuis le noir jusqu'au blanc, suivant la race de leurs mères. » Wallin a observé dans le Djôf des tribus entières d'esclaves noirs. Les nègres sont aussi très communs dans le Nedjed, où, ainsi que dans tout le reste de l'Arabie, aucun préjugé de couleur n'existe et n'empêche pas par conséquent les croisements. Palgrave raconte que Katif, ville importante du Nedjed, était à l'époque de son voyage gouvernée par un nègre. « J'ai vu, à Riadh, dit-il, plusieurs fils de mulâtres qui portaient fièrement l'épée à poignée d'argent, et comptaient parmi leurs serviteurs des Arabes de sang ismaélite ou kahtanite le plus pur. »

Cette absence de préjugé contre la couleur a frappé également lady A. Blunt qui, dans la relation récente de son voyage au Nedjed (1878), raconte que le gouverneur de l'une des plus grandes villes du Nedjed, Meskakeh, était « un nègre tout à fait noir, avec les caractéristiques répulsives de l'Africain. Il me parut éminemment absurde, dit-elle, de voir ce nègre, qui est encore esclave, au centre d'un groupe de courtisans de race blanche ; car tous ces Arabes, dont la plupart sont nobles par le sang, s'arc-boutaient devant lui, prêts à obéir à un de ses regards ou à rire de ses pauvres plaisanteries. »

Pour les lois de l’esclavage en Islam, voir :
http://islampaix.blog4ever.xyz/l-esclavage-en-islam-12
http://islampaix.blog4ever.xyz/l-esclavage-en-islam-22

L’esclavage moderne
 
H. Wallon, les trois grands motifs qui justifiaient l’esclavage dépendaient de trois formes de droits : le droit civil pour l’endettement, le droit des gens (international) pour les prisonniers de guerre et le droit de naissance pour les motifs racistes.
Voir H. Wallon. Histoire de l’esclavage dans l’antiquité. 1847. p28

En résumé, l’État « moderne » de type européen, c’est-à-dire un État « monopolisant l’usage de la violence physique » pour reprendre la définition de Max Weber, se substitue aux maîtres. Ce modèle fait de tout le monde des esclaves, puisque le contrat qui lie le maître à l’esclave consiste fondamentalement à échanger soumission contre protection. L’abolition de l’esclavage, c’est la monopolisation totale de la domination politique par l’État central et la généralisation de la servitude à tous les individus qui sont, il faut le reconnaître, égaux dans cette soumission. Les Occidentaux n’ont donc pas aboli l’esclavage en tant que statut, mais ils en ont simplement amélioré les « conditions » en offrant à leurs esclaves loisirs, liberté relative et surtout confort quotidien.

insi, cette distinction entre la condition d’esclave et le statut d’esclave oblige à revoir le jugement moral contre l’esclavage que l’Occident a imposé. Il n’est pas approprié de condamner entièrement l’esclavage comme le fait la philosophie abolitionniste car, en toute cohérence, il faudrait condamner avec autant de force les types de domination similaires, à commencer par le salariat ou l’autorité politique de l’État, et à prôner un total égalitarisme.

Quand on applique cette opposition personnalisme/institutionnalisme à la question de l’esclavage, les divergences entre la vision islamique qui s’est contentée d’encadrer l’esclavage sans l’abolir totalement et la vision occidentale « abolitionniste », deviennent limpides. La philosophie occidentale condamne entièrement une institution (l’esclavage) en l’associant à un jugement moral unique (c’est mal !), en prétextant de conditions particulières non-inhérentes à cette pratique comme la maltraitance, alors que l’Islam ne condamne pas tant l’institution de l’esclavage que le défaut de morale de ceux qui exercent cette domination. Ainsi, l’esclavage n’est ni bon ni mauvais : ce qui est mauvais, ce sont les abus, l’oppression et l’injustice que certains maîtres ou certaines formes d’esclavage faisaient subir.

Voir : http://www.nawa-editions.com/definition ... lavage-12/
http://www.nawa-editions.com/lesclavage ... arites-22/

Notons que la fameuse loi abolitionniste répondait à des impératifs économiques,[1] voire politiques, même l'émancipation de la femme est moins angélique que nos moutons imbus de leur paternalisme puéril veulent nous faire croire.

Voir sur ce dernier point les excellentes analyses d'Alain Soral et d'Eric Zemmour.

À suivre…

                     

Par : Karim Zentici

http://mizab.over-blog.com/

[1] L’Histoire des deux Indes de Raynal est un exemple de ces ouvrages qui mettent à mal l’ordre établi : il s’agit en amalgamant comme on pourra Montesquieu, Voltaire et Rousseau, Helvétius et même d’Holbach, de signaler en tout temps, en tout lieu, les ravages causés par le despotisme ou profane ou sacré, qui, soit au nom de l’ordre social, soit au nom de Dieu, porte atteinte au premier des droits naturels de l’homme : la liberté. C’est particulièrement la France que l’on a en vue. Or, puisqu’en France le despotisme héréditaire s’appuie sur un pacte conclu avec l’Église catholique, qui consacre la royauté absolue en la proclamant de droit divin, il faut, pour reconquérir la liberté, commencer par détruire le catholicisme et laïciser l’État. Ce mouvement du commerce est sinon l’unique, le tout-puissant fondement de la liberté, comme on peut le voir quand Raynal aborde la question de l’esclavage : Ce fut une saine politique que le commerce amène toujours, et non l’esprit de la religion chrétienne, qui engagea les rois à déclarer libres les esclaves de leurs vassaux, parce que ces esclaves, en cessant de l’être, devenaient des sujets…
Voir : http://mizab.over-blog.com/2017/01/dial ... e-3/2.html

Re: L’esclavage qui défricha l’Afrique

Posté : 16 juil.17, 23:42
par yacoub