vic a écrit : 11 mars26, 04:57
Mon idée sur la logique c'est qu'elle n'est pas une structure abstraite séparée, mais une structuration du sens qui se manifeste dans l’expérience.(co-émergence )
Je ne crois pas en une logique autonome , qui existerait sans l'expérience .
Et comment une structuration du sens se fait-elle, si ce n'est par le langage ?
En te rappelant que la logique traite de cohérence d'énoncés (strictement formel) et non de sémantique (notionnel / référence au vécu).
Pour moi non plus la logique n'est pas une structure abstraite, si par là l'on entend quelque chose qui existerait en soi, indépendamment du reste. Là dessus nous sommes tout à fait d'accord.
Mais tu sembles dire que la logique relève de structures autres que purement langagières, et là, si c'est le cas, nous ne sommes pas du tout d'accord.
Et, quand je parle d'autonomie de la logique c'est dans un autre sens que celui que tu me reproches. Je ne prétends pas que la logique soit "autonome" au sens où elle flotterait dans un ciel platonicien. Je dis que, dans son usage, on la traite comme un système formel, indépendamment de ce qui est factuel ou non du point de vue de ce que l'on sait d'expérience ou de ce qui nous parait vrai ou non, empiriquement, ou de nos vécus : perceptions, émotions, représentations mentales propres ou singulières. Ces considérations n'entrent pas en jeu dans la pratique opératoire formelle. Dans son usage, on opère sur des propositions langagières, selon des règles, toujours les mêmes, ultra simples et claires, c'est tout.
vic a écrit : 11 mars26, 04:57
Si la logique était totalement indépendante de l’expérience, il deviendrait difficile d’expliquer pourquoi elle s’appliquerait si bien au monde.
Pourquoi des structures abstraites décrivent-elles si bien la nature ?
Pourquoi les maths décrivent-elles si bien le monde ? C'est la question de Wigner, "L'extraordinaire efficacité des mathématiques". Ton hypothèse ("elles marchent parce qu'elles viennent du monde") est une réponse possible. Mais elle a une limite : elle n'explique pas pourquoi les maths précèdent parfois la découverte. Exemple : les géométries non-euclidiennes ont été formalisées avant qu'Einstein les utilise pour la relativité. Si elles venaient seulement de l'expérience, comment peuvent-elles prédire des expériences futures ? C'est là que ton hypothèse devient indéfendable.
Il y a de plus une autre raison importante, qui relativise sérieusement ton propos : c'est précisément les formalismes logiques qui permettent cette efficience de la science à expliquer rationnellement les phénomènes empiriques, pas les discours mythologiques, pas les discours politiques, pas les spéculations de personnes qui avouent ne pas raisonner sur une base d'inférences formelles. Comment l'expliques-tu ? Et si c'était précisément le fait que soit appliqué tel ou tel formalisme logique qui permettait d'avoir un discours cohérent sur le monde, justement parce que ce sont des formalismes logiques qui portent uniquement sur des énoncés et dont l'application exclut toute considération intuitive ? Tu y avais pensé à ça ?
vic a écrit : 11 mars26, 04:57
Mon hypothèse résout partiellement ce mystère :
Elles fonctionnent parce qu’elles émergent de l’expérience.
Ton hypothèse est respectable, mais elle ne dit rien sur la logique elle-même. Tu parles de l'origine de la logique. Moi je parle de son fonctionnement.
- Toi : la logique émerge de l'expérience. (Question génétique.)
- Moi : une fois émergée en tant que système formel opératoire et applicable sans ambiguïté, elle fonctionne comme un système formel. (Question opératoire.)
Ces deux positions ne s'opposent pas. On peut très bien dire : "La logique est née de pratiques empiriques, mais une fois ses règles formellement énoncées et appliquées elle exclut toute références à ce qui paraît évident." C'est comme la musique : elle émerge de l'expérience sensible, mais pour l'étudier, on utilise des partitions, des gammes, des règles d'harmonie. Personne ne dit que la partition est la musique. Mais sans partition, pas d'analyse rigoureuse.
Toi, tu es resté à l'étape d'avant : "ça émerge". Moi, je suis à l'étape d'après : "maintenant qu'on a des logiques formalisées et opératives (formelles), comment ça marche ?"
vic a écrit : 11 mars26, 04:57
Le sens logique ne peut exister que dans l’usage et le langage vécu.
Non. Le langage n'est pas un vécu, c'est une pratique. La logique n'existe que dans une forme de langage, par une forme de langage et pour une forme de langage. C'est une pratique opérative strictement langagière à partir de règles opératoires.
vic a écrit : 11 mars26, 04:57
je le redis , nos hypothèses à tous les deux sont métaphysiques , pas démontrables en soi .
Non, ce que je dis de la logique n'a strictement rien à voir avec une métaphysique si par là tu entends une ontologie.
Ceci dit, oui la logique n'est pas une réalité physique. C'est une réalité langagière.
vic a écrit : 11 mars26, 04:57
Aucune prétention de vérité sur la logique de ma part , rien qui ne soit indiscutable .
Encore heureux que tu le reconnaisses.
Je tiens pour finir, à te féliciter d'avoir fait un petit pas important : tu as enfin défini un peux mieux ta position. Ce n'est plus "la logique se vit", mais une hypothèse métaphysique clarifiée : la logique émerge de l'expérience, elle n'est pas autonome dans le sens que ce n'est pas une réalité indépendante.
Mais ta nouvelle définition ne change rien au débat initial : Gérard disait qu'il y a 8 milliards de logiques. Si la logique émerge de l'expérience, elle émerge d'expériences partagées. Les humains ont des expériences communes (le monde physique, la mort, le langage). Donc il n'y a pas 8 milliards de logiques, mais une structuration commune du sens. Ce qui veut dire qu'on peut en parler, la formaliser, la partager. Ta position révisée, ne mène plus au relativisme de naïf Gérard. Elle mène à l'idée que la logique est une (dans ses grandes lignes) parce que l'expérience humaine est commune et langagière.
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vic a écrit : 11 mars26, 08:49
Goedel démontre très bien à travers son théorème mathématique que la formalisation de la raison rencontre toujours une frontière interne.
La formalisation de la raison ? Tu penses que la raison existe indépendamment d'une logique formelle ? Si oui, quelle est cette raison informelle ?
Vu que tu retombes dans le paradoxe que je t'ai déjà exposé. Je vais donc te faire la même réponse que celle que je t'ai faite dans l'autre topic :
Citation :
vic a écrit : 09 mars26, 22:40
En conclusion , la logique n'est pas formelle , en tous cas c'est très contestable de le dire , puisqu'elle permet de sortir d'un cadre pour en entrevoir ses limites . Et si la logique peut empreinter plusieurs cadres formels , c'est qu'elle n'est pas un cadre spécifique ou particulier Tu réduis la logique à des règles dans un cadre , c'est juste ridicule .
C'est toi qui affirmes qu'il existe une logique en dehors de tout cadre logique (formel). Mais tu ne précises pas laquelle, ni en quoi elle consisterait.
En fait je te place devant ton paradoxe :
- Si tu ne le fais pas, tu blablates dans le vide et affirmes n'importe quoi, sur une base de n'importe quoi et dans ce cas tu me donnes raison.
- Si tu parviens à le faire, tu produirais un formalisme logique, autrement dit : tu définirais une logique formelle et dans ce cas tu me donnes raison.
Dans les deux cas tu me donnes raison.
Or, il n'y a pas d'autre cas.
CQFD.
vic a écrit : 11 mars26, 08:49
C'est à coup d'inférences bidons que j'minterroge tente de se faire plus intelligent que Goedel .
Tu n'as montré à aucun endroit en quoi elles seraient bidons, et je ne tente pas de me faire plus intelligent que Gödel, je m'applique simplement à ne pas lui faire dire n'importe quoi contrairement à toi.
vic a écrit : 11 mars26, 08:49
Si la logique est toujours exprimée dans un langage, alors toute tentative de capturer complètement la logique dans ce langage produira des limites internes.
Certes, et donc ? Faut-il abandonner tout formalisme logique et conclure n'importe quoi et n'importe comment, comme toi et d'autres ici le font ? Au nom d'une logique naturelle informelle que tu ne saurais formuler et sur la base de ce qu'il te paraît évident ?
Et peut-être aussi faut-il remettre en question les théorèmes mathématiques et les sciences qui dépendent d'une formalisation logique et de l'application de règles d'inférence strictement formelles ?
Lol.
vic a écrit : 11 mars26, 08:49
Oui, le formalisme ne peut pas régler toute la définition de la logique , voire Goedel .
Comment ça "voire Gödel" ? Développe.
Qu'est-ce que tu vas encore faire dire à Gödel qu'il ne dit pas...
ronron la douceur a écrit : D'ailleurs je n'en ai jamais eu besoin au sens strict, la naturelle ou le gros bon sens faisant tout de même assez bien les choses... Logique naturelle, dit-on, préférée aussi par d'autres que moi... Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple?
C'est ronron la douceur qui a écrit cette ânerie vic, pas moi. Tu t'es emmêlé les crayon dans la citation...
vic a écrit : 11 mars26, 08:49
Il n'a jamais été nécessaire de définir la logique pour la pratiquer . Sinon aucun mathématicien ni scientifique ne pourraient la pratiquer puisque comme l'explique goedel , une définition formelle complète de la logique n'est pas possible .
Bien sûr qu'il faut définir des règles d'inférences, même en mathématique... "Même en mathématique..." Lol
Bon.. J'ai vraiment affaire à des simples d'esprits ignares qui feraient mieux de parler de religion ou éplucher des pommes de terre, que de parler de sujets qu'ils ne maîtrisent pas comme s'ils avaient des choses intéressantes à en dire...
vic a écrit : 11 mars26, 08:49
Mais il y a en a qui aiment bien se prendre le choux.
De même il n'a jamais été nécessaire de définir la vie pour la pratiquer .
Se prendre le choux pour rien est une récurrence chez certains .
Il y en a qui aiment produire du texte, qu'importe si c'est du grand n'importe quoi.
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@ Tous,
Je précise que je ne répondrai plus systématiquement à tous les messages.
Si vous avez des réponses à mes objections, merci de les faire courtes et de ne pas partir dans tous les sens.
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