J'm'interroge a écrit :Justement, ton exemple confirme exactement ce que je dis.
Coemgen a écrit : 06 mars26, 00:14
Bonjour J'm'interroge,
Vous disiez justement que je confondais, mais c'est faux. J'ai cité cet exemple dès le début de mon intervention et j'ai noté une confusion de votre part en mentionnant différentes méthodes d'évaluation. Vous avez ainsi confirmé l'ensemble (prémisse + logique), qui peut être évalué comme faux par rapport au réel, même si la logique est cohérente par rapport au cadre. Chose que vous aviez négligée, Vic avait également soulevé, auparavant, la liaison "prémisses-logique", si je ne me trompe pas.
Je ne pense avoir rien négligé ni confondu puisque tu disais que la logique ne correspond pas nécessairement à la réalité. En disant cela tu laissais entendre qu'elle devait lui correspondre. C'est en cela que je disais que tu confonds -1) les règles et fonctions de la logique avec - 2) la démarche et les fonctions de la science qui requièrent la logique. D'ailleurs, tu le confirmais, quand tu disais que la raison de ton désaccord avec moi, c'était que selon toi : mon cadre ne correspond pas à la réalité. Là aussi tu confondais bien logique et science, te méprenant sur la première.
Mais j'ai relu, c'est vrai qu'à la différence de vic, tu distingues bien cadre hypothétique et logique proprement dite.
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Règles de la logique et règles du jeu d'échec
L'analogie des règles de la logique avec celles du jeu d'échec est très pertinente et parlante :
Les règles du jeu d’échecs ne décrivent pas le monde réel. Elles ne disent rien sur la nature des pièces de bois ni sur la réalité extérieure. Elles définissent seulement les mouvements permis et interdits dans le jeu.
La logique fonctionne de manière analogue. Elle ne décrit pas directement le réel : elle fixe les opérations légitimes sur des énoncés pour un raisonnement valide. Par exemple, si
A et
A →
B sont admis, alors
B peut être inféré. C’est une règle du « jeu du raisonnement ».
De même qu’un joueur ne peut pas déplacer une tour en diagonale, un raisonnement ne peut pas tirer une conclusion qui ne suit pas de ses prémisses.
Les échecs peuvent ensuite être utilisés pour des buts divers (jeu, étude stratégique, informatique). De la même manière, la logique peut être appliquée à la science, à la philosophie, au droit ou à la fiction.
Mais dans les deux cas, la règle n’est pas une croyance sur le réel : c’est une contrainte formelle qui structure une pratique.
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Mathématiques et logique ne décrivent pas le « réel »
Comme pour les mathématiques, on ne peut pas dire que la logique « décrit le réel ».
Les mathématiques décrivent des relations formelles entre objets définis par des axiomes. Elles ne disent pas en elles-mêmes qu’une chose du monde est ainsi ou autrement.
Par exemple :
2 + 2 = 4 ou telle propriété géométrique du Triangle en général, n’est pas une description d’un phénomène physique.
C’est une relation formelle valable dans un système d'axiomes donné.
Ce n’est que lorsqu’on applique les mathématiques à une situation empirique (deux pommes + deux pommes) qu’on obtient une description du réel.
Autrement dit :
- Mathématiques / logique → structures formelles.
- Science → application de ces structures à des phénomènes observables.
Dire que la logique ou les mathématiques « décrivent le réel » confond donc l’outil formel et son usage empirique.
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Les mathématiques fonctionnent de façon similaire. Elles sont un système formel de règles qui ne porte pas sur le monde réel - du moins directement - mais qui permettent de structurer des raisonnements. Une fois les axiomes posés, on déduit des théorèmes selon des règles logiques strictes. Comme aux échecs, les mathématiques ne prétendent pas décrire directement le monde, elles décrivent des relations formelles.
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Même si certaines branches des mathématiques sont historiquement issues de pratiques empiriques, cela ne change pas leur nature. Le comptage vient du commerce, la géométrie de la mesure des terres, la statistique de l’observation de phénomènes. Mais une fois formalisées, les mathématiques ne décrivent plus directement le réel : elles établissent des relations nécessaires entre objets abstraits définis par des axiomes.
Autrement dit, leur origine peut être empirique, mais leur validité ne dépend plus de l’expérience. Un théorème n’est pas exact parce qu’il correspond au monde : il est exact parce qu’il découle logiquement des axiomes dans lesquels il est démontré.
Le caractère descriptif des mathématiques n’est pas intrinsèque à leur structure : il apparaît uniquement lorsqu’on les applique à des phénomènes observables.
Les mathématiques, en elles-mêmes, établissent des relations nécessaires entre objets abstraits définis par des axiomes. Un théorème ne dit pas comment est le monde, il dit seulement ce qui est logique dans le cadre formel posé.
C’est lorsqu’un modèle mathématique est mis en correspondance avec des observations — en physique, en économie, en biologie, etc. — que ces relations deviennent descriptives. Elles décrivent alors le réel via le modèle, pas directement par la structure mathématique elle-même.
Autrement dit :
- la structure mathématique est formelle,
- la description du réel apparaît lors de son application empirique.
Confondre les deux revient à attribuer aux mathématiques une fonction descriptive qu’elles n’ont qu’indirectement, par leur usage appliqué.
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Dans un raisonnement formel, il faut séparer trois éléments
1.
Les prémisses (cadre hypothétique) :
Ce sont les énoncés supposés vrais pour les besoins du raisonnement.
Exemple :
-
A
-
A →
B (En logique classique seulement, car en logique minimale et intuitionniste, l'implication est une relation construite, ce que l'on appelle une preuve en ces deux systèmes formels logiques.)
2.
Les règles d’inférence :
Ce sont les règles formelles qui autorisent certaines transformations d’énoncés.
Exemple : modus ponens :
si
A et
A →
B, alors
B.
3.
Les conclusions dérivées :
Ce qui suit logiquement des prémisses par application des règles.
Donc :
Les règles ne font pas partie du cadre hypothétique. Elles n’énoncent rien sur le monde ni sur l’hypothèse considérée : elles régulent seulement la manière dont on peut inférer, c'est-à-dire opérer logiquement sur quoi l'on se fonde.
La vérité des conclusions inférées dépend des prémisses du cadre hypothétique.
Beaucoup de confusions viennent précisément de là : on traite les prémisses comme si elles étaient des règles, ou les règles ou les conclusion, comme si elles étaient des affirmations sur le réel. C'est une erreur.
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Les règles logiques sont strictement opératoires
Les règles logiques sont strictement opératoires.
Certains ne comprennent ni ce que cela signifie, ni ce que cela implique. D'où leur incompréhension et confusion de ce que je leur explique.
Dire que les règles logiques sont opératoires signifie qu’elles ne décrivent rien et n’affirment rien : elles définissent une opération sur des énoncés.
Par exemple :
A
A →
B
règle : modus ponens
→
B
La règle n’est pas une affirmation sur le monde.
Elle indique seulement quelle transformation d’énoncés est permise.
C’est exactement comme en mathématiques :
la règle « si
a =
b alors
b =
a »
ou la règle « si
x =
y et
y =
z alors
x =
z »
Ces règles n’énoncent aucun fait empirique.
Elles définissent des opérations valides dans un système formel.
La confusion fréquente consiste à croire qu’une règle logique :
- décrit une régularité du réel,
- ou énonce une vérité sur le monde.
Ce n’est pas son statut.
Une règle logique contraint la manipulation d’énoncés, elle n’ajoute aucun contenu au monde. C’est pour cela qu’on dit qu’elle est formelle et opératoire.
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Opérations en logique et processus opératoires en physique
La réalité physique semble aussi par ces processus être opératoire. La cognition elle-même est un processus qui semble être opératoire.
Dire qu’un processus physique ou cognitif est opératoire signifie qu’il fonctionne par transformations d’états :
- interaction entre particules,
- réactions chimiques,
- traitement neuronal,
- calcul cognitif.
- etc.
Ces processus opèrent effectivement. Mais cela ne signifie pas que les règles logiques décrivent ces opérations.
La différence est la suivante :
- Processus physiques / cognitifs → opérations dans le réel (interactions).
- Règles logiques → opérations sur des énoncés (formelles).
La logique ne décrit donc pas le fonctionnement du cerveau ni celui du monde. Elle formalise les conditions sous lesquelles un raisonnement est valide.
Le fait que certains processus naturels soient eux-mêmes structurés de manière quasi-calculatoire (physique, cognition biologique, processeurs informatiques) explique pourquoi les formalismes logiques et mathématiques peuvent s’y appliquer efficacement, sans pour autant être des descriptions directes de ces processus.
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vic a écrit : 05 mars26, 23:15
Mais il n'existe pas de logique existant par soi en dehors de l'expérience .
N'importe quoi vic.
Je ne parle pas d’une logique existant « en soi ». Tu me prêtes une thèse que je n’ai jamais défendue.
Dire que la logique n’existe pas « en dehors de l’expérience » revient surtout à confondre deux niveaux :
- la pratique empirique, spontanée, humaine du raisonnement, qui est évidemment liée à notre expérience du monde,
- et les relations formelles entre propositions que cette pratique a mise en évidence.
L’expérience produit des énoncés sur le monde. La logique, elle, détermine, règle ce qui suit de ces énoncés, et si l’inférence est valide ou non.
Autrement dit : l’expérience fournit le contenu, la logique règle la cohérence de ce qui en est dit, donc y compris de ce qui en est conclut.
vic a écrit : 05 mars26, 23:15
Ca n'est pas la logique qui dicte les lois ou les règles , mais l'observation empirique .
La logique n'est qu'une mise en forme de ces observations et de ces convergences.
Raison pour laquelle s'attacher à des règles logiques, fussent t'elles de croire en un dieu créateur c'est comme se fermer au champs du possible .
C'est confondre règles logiques et dogme que de prôner l'existence de ces règles en dehors de l'expérience .
Tu reviens indéfiniment avec les mêmes bêtises.
Tu confonds toujours : l’origine historique d’une formalisation et la nature des règles formelles elles-mêmes.
Que les humains aient formalisé la logique à partir de pratiques de raisonnement empiriques ne signifie pas que les règles logiques soient des généralisations empiriques, ni que leur validité dépend de l’expérience.
Une règle logique ne décrit pas un fait du monde, elle fixe une condition de validité d’inférence. Une fois formulée, une règle logique a une propriété simple : elle est valide ou invalide.
Dire que respecter une règle comme si
A et
A →
B, alors
B serait un « dogme » n’a pas de sens : ce n’est pas une croyance sur le réel, c’est une contrainte formelle sur le raisonnement.
Cette règle n’est pas une observation empirique. C’est une forme d’inférence. Aucune expérience ne peut la rendre « plus vraie » ou « moins vraie ».
L’observation empirique peut produire des énoncés sur le monde, la logique, elle, détermine, règle ce qui en découle valablement.
vic a écrit : 05 mars26, 23:15
En dehors de l'expérience , nous ne savons rien .
En conséquence , prétendre l'existence de choses ou de règles ou phénomènes en dehors de l'expérience est identique à la croyance .
C'est considérer l'existence de règles logique a priori , et l'apriori c'est la croyance en action
Pour certains philosophes :
On ne peut pas affirmer l’existence de quelque chose dont aucune expérience ne pourrait témoigner.
C’est une intuition très forte dans l’empirisme et je suis de cet avis .
.
.
Dire : « on ne peut affirmer que ce qui est donné dans l’expérience » est déjà une thèse philosophique, pas une observation empirique.
L’empirisme radical se réfute lui-même : la phrase « tout savoir vient de l’expérience » n’est elle-même pas une observation empirique.
Vic,
Tu confonds plusieurs niveaux distincts et en tires des conclusions qui ne suivent pas. Que les règles logiques aient été formalisées à partir de pratiques humaines de raisonnement ne signifie pas que leur validité dépende de l’expérience. Une fois formulée, une règle logique a une propriété simple : elle est valide ou invalide, indépendamment de toute observation empirique. Par exemple, le syllogisme « si
A et si
A →
B, alors
B » n’est pas une observation empirique, c’est une forme d’inférence. Aucune expérience ne peut la rendre plus vraie ou moins vraie.
Dire que « tout savoir vient de l’expérience » relève déjà d’une thèse philosophique, pas d’une observation empirique. C’est une affirmation qui s’auto-revendique empirique, mais qui ne l’est pas. C’est exactement ce qui montre que l’empirisme radical est problématique lorsqu’il tente de fonder la logique sur l’expérience.
Il y a également une confusion entre règles logiques et croyances. Une croyance affirme quelque chose sur le monde — par exemple, « Dieu existe » ou « l’âme existe » — alors qu’une règle logique n’affirme rien sur le réel : elle indique simplement ce qui suit de quoi dans un raisonnement. Assimiler les deux est une erreur de catégorie fondamentale.
Concernant Kant, tu sembles l’interpréter comme justifiant une logique a priori comme croyance. Ce n’est pas le cas : il pose que certaines structures sont nécessaires pour qu’une expérience soit pensable. Sans principes comme la non-contradiction, l’identité ou l’inférence, aucun raisonnement sur l’expérience ne serait possible.
Enfin, il y a une contradiction interne dans ta position. Tu affirmes que « la logique vient de l’expérience », mais pour tirer cette conclusion, tu utilises déjà des inférences logiques. Autrement dit, la logique est déjà présupposée dans ton raisonnement, elle ne peut pas être dérivée simplement de l’expérience.
En résumé : l’expérience fournit des contenus, des faits ou des observations, tandis que la logique fournit les règles de transformation et de cohérence des énoncés. Confondre ces niveaux mène exactement aux confusions que l’on observe dans cette discussion. La logique n’est pas un produit de l’expérience, elle est un outil pour structurer toute pensée cohérente, qu’elle porte sur le réel ou sur l’hypothétique.
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J'm'interroge a écrit : La fonction d’une règle logique reste toujours la même : permettre d'évaluer et de construire des raisonnements valides. Il est question de la validité d’une inférence, pas de la vérité empirique des prémisses.
vic a écrit : 06 mars26, 00:34
Non , c'est idiot de donner une image fixe à la règle et à sa fonction pour dire qu'elle est toujours "la même" par principe d'identité , surtout si on ne sait pas ce que cette règle définit clairement .
Ce qui reste invariable , c'est l'envie de vouloir construire la compréhension , mais ça n'a rien d'un scoop qui mérite un débat extraordinaire .
Tu réponds à côté du point.
Je ne parle pas d’une « image fixe » des règles logiques, mais de leur fonction formelle. Une règle logique ne décrit pas un phénomène et n’évolue pas comme une théorie scientifique. Elle fixe simplement une condition de validité d’inférence.
Par exemple :
si
A et
A →
B, alors
B.
La fonction de cette règle n’est pas de décrire le monde ni de « comprendre la réalité », mais de déterminer ce qui suit valablement d’énoncés donnés.
Que nos connaissances du monde évoluent ne change rien à cela. Les prémisses peuvent changer, les théories aussi. La règle d’inférence, elle, continue seulement de déterminer si la conclusion suit ou non des prémisses.
Tu confonds encore :
- la recherche empirique de compréhension du réel,
- et les règles formelles qui permettent de raisonner correctement à partir d’énoncés.
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Les règles ne font pas partie du cadre hypothétique. Elles n’énoncent rien sur le monde ni sur l’hypothèse considérée : elles régulent seulement la manière dont on peut inférer, c'est-à-dire opérer logiquement sur quoi l'on se fonde.
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